Cette nouvelle série animée supervisée par Dave Filoni se penche sur les évènements survenus entre « La revanche des Siths » et « Un nouvel espoir » en affirmant progressivement une certaine filiation avec « The Clone Wars » et s’avère étonnamment sympathique au fil des épisodes!
L’argument scénaristique principal axe le scénario sur la constitution d’une rébellion efficace après l’avènement de l’empire, ce qui implique l’apparition de personnages connus tels que Bail Organa dans le camp rebelle et Tarkin côté empire, pour ne citer que ceux-là...
De façon générale, les apparitions de « pointures » de la saga semblent justifiées; sous ces conditions, il est toujours agréable de croiser des visages connus.
Malheureusement, le démarrage de « Rebels » est laborieux, d’une part parce que les premiers épisodes sont très décousus et, d'autre part, parce que le carcan de la série sacrifie aux exigences de « Disney Channel » et à ses impondérables humoristiques avec ce que cela suppose de fantaisie burlesque et de détours narratifs franchement pénibles…
Un autre frein à l'immersion est la confrontation à un changement de design qui nécessite une grande dose de tolérance de la part des habitués de Clone Wars…
On perd en effet les traits ramassés et l'aspect «taillé dans le bois» des personnages qui étaient jusqu’à maintenant colorisés selon des palettes « fortes » brossées sur les sculptures biseautées que proposait le chouette chara-design de Kilian Plunkett (qui est pourtant toujours directeur artistique ici...) pour se diriger vers une modélisation plus lisse et sans grandes aspérités, trop lustrée, trop pauvre, peu intéressante et jouant sur des harmonies colorées trop uniformes…avec toutefois ceci de bon que Plunkett exploite allègrement les concept arts originaux de Ralph McQuarrie et, si quelques plans en restituent savamment l’atmosphère, on reconnaitra également de façon quasi explicite certains dessins de l’artiste: la ressemblance entre Zed et les premières esquisses de Chewbacca notamment est frappante!
Un retour aux sources qui rehausse donc positivement cette esthétique plate…
En outre, parmi certaines (grosses) maladresses du scénario et les choix (très) douteux sur l'exploitation des objets et du bestiaire, il y a matière à râler et pinailler!
Mais bon, face à un sens de l’épique claironnant confirmé par certaines scènes mémorables et à ce qui semble être une vraie volonté de raconter une histoire dans l’univers Star Wars, les griefs ne font pas long feu ! D’autant que la continuité avec la guerre des clones est consistante et que le comics « Kanan », dérivé moins enfantin qui revient sur les origines du héros Jedi de la série, ajoute un liant de qualité à l’ensemble…
Une réussite contre toute attente!