Stick
6.5
Stick

Série Apple TV (2025)

Voir la série

Stick ou l'archétype de la série prévisible

Ces dernières années, les exemples sont légion de séries basées sur un univers sportif. Pèle-mêle, on pourrait évoquer The Last Dance, Le Jeu de la Dame ou encore Ted Lasso. Nouvelle venue cette année, Stick se consacre à la petite balle blanche, sport jusque ici épargné par les réalisateurs américains. Avec Jason Keller à la baguette et Owen Wilson en tête d'affiche, cette dernière est centrée sur le personnage de Pryce Cahill, ancienne gloire du monde du golf à la dérive, qui retrouve un sens à sa vie en prenant sous son aile un jeune prodige qu'il espère mener jusqu'aux sommets.


Entrons directement dans le vif du sujet. A première vue, on ne peut que déplorer le caractère de déjà-vu qui ressort de la lecture du scénario. Le ténor à la retraite, oublié de tous et plongé dans la dépression, qui ressort de l'anonymat en découvrant le nouveau phénomène de son sport. Sans paraître vexant, le synopsis sent clairement le réchauffé voire le cramoisi. On ne dénombre plus les réalisateurs de films ou de séries qui ont déjà pris cette idée comme thème central de leur oeuvre. Sans surprise, un tel ramassis de poncivité plonge le spectateur dans un océan marasmique où l'ennui côtoie la prévisibilité. D'une scène à l'autre, il est possible d'anticiper chaque prise de vue, tant et si bien que l'on a l'impression d'assister à une forme de pastiche de ce qu'il se fait de plus cliché dans les séries américaines. L'ensemble pourrait apparaître comique si les blagues et autres situations burlesques n'étaient pas à ce point gênantes. Bref, alors que le réalisateur semble hésiter sur le caractère de sa série en tâtonnant tantôt du côté du drame, d'un semblant de biopic ou de la comédie, Jason Keller ne touche jamais sa cible en ce que ses épisodes forment un gloubi-boulga indescriptible et infect, brillant simplement par son absence d'intérêt quelconque.


Du côté des acteurs, seule la prestation de Owen Wilson figure comme l'un des très rares - voire même uniques - points positifs de Stick. Si les choix opérés par son personnage semblent parfois totalement aléatoires et écrits sans réelle logique, on ne peut reprocher à l'acteur sa volonté de présenter un jeu criant de simplicité et de justesse. Sa seule présence compenserait presque à elle-seule la pauvreté abyssale du scénario et de la qualité d'acting des autres protagonistes présents à ses côtés. En effet, entre l'ancien caddie bougon et rétrograde, le jeune prodige instable parce qu'il est adolescent et la petite amie de ce dernier gouvernée par l'anarchie et la colère envers le système, il nous semblerait presque être retournés dix ans en arrière avec les séries ridicules proposées à l'époque par les chaînes TF1 et autres France Télévisions. Si Hollywood commence à proposer de telles âneries en mettant en lumière de mauvais acteurs à ce point indigents, on ne peut qu'être circonspects en envisageant l'avenir cinématographique.


Partant, tant du point de vue du scénario que des acteurs, et nonobstant la qualité de jeu d'Owen Wilson, la série Stick semble être la quintessence de la série prévisible, la matérialisation complète du nanar comme cela peut se faire de pire. Ainsi, plutôt que de se plonger dans ce récit médiocre, mieux vaut ne pas se formaliser en se tournant vers d'autres projets Apple TV+ tels que Severance, Black Bird ou encore The Morning Show. Le jeu en vaudra davantage la chandelle.

xCiceron
3
Écrit par

Créée

le 3 juil. 2025

Critique lue 204 fois

xCicéron

Écrit par

Critique lue 204 fois

1

D'autres avis sur Stick

Stick

Stick

La thérapie par le golf

Golfeur prodige(V.O. Stick)Visiblement en cette fin de mois de juillet 2025, c’est le golf qui est mis à l’honneur au cinéma. Évidemment, je ne pouvais pas passer à côté de cet événement bien...

le 28 juil. 2025

Stick

Stick

7

Mato2000

1 critique

Un bon moment dans l'ensemble

Il est vrai que le scénario de cette série est assez prévisible. Cependant, le véritable atout réside dans ses personnages. Chacun, avec ses propres failles et blessures, est profondément attachant...

le 21 juil. 2025

Stick

Stick

3

xCiceron

45 critiques

Stick ou l'archétype de la série prévisible

Ces dernières années, les exemples sont légion de séries basées sur un univers sportif. Pèle-mêle, on pourrait évoquer The Last Dance, Le Jeu de la Dame ou encore Ted Lasso. Nouvelle venue cette...

le 3 juil. 2025

Du même critique

Federer - Les douze derniers jours

Federer - Les douze derniers jours

5

xCiceron

45 critiques

Federer, le calme sans la tempête

Il est l'homme aux vingt tournois du Grand Chelem en circuit professionnel. Il est celui qui a triomphé huit fois sur le mythique temple du tennis de Wimbledon. Il est, avec ses deux autres compères...

le 22 juin 2024

Smoke

Smoke

6

xCiceron

45 critiques

Smoke, entre incendie et écran de fumée

Après avoir donné naissance à des chefs d'oeuvre de la littérature américaine tels que Mystic River, Gone Baby Gone ou encore Shutter Island, puis réussi brillamment son passage derrière la caméra...

le 8 juil. 2025

De grandes espérances

De grandes espérances

2

xCiceron

45 critiques

Le destin, élément destructeur de toute espérance

"Il n'est point de secrets que le temps ne révèle" - Racine. S'il devait demeurer une expression pouvant résumer le film, ce serait à n'en point douter cette formule de ce grand poète français,...

le 6 mai 2023