Stranger Things
7.6
Stranger Things

Série Netflix (2016)

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Première critique de l'année, histoire de commencer 2026 en beauté.


Ecrire sur une série qui fête ses dix ans, dont je n'ai jamais revu un seul épisode depuis le 1er visionnage, est un défi assez particulier. Faut-il tout revoir avant? Se fonder sur des souvenirs erronés? Que sur la dernière saison que je compte bien défendre ici?


A l'époque, j'avais un million de raisons de regarder la série. 2016, je plongeais dans les années 80 plus que jamais, et surtout dans son pendant moderne qui fait ma marque de mélomane encore aujourd'hui, la synthwave.

2016, je débutais encore à la fac, tout un programme. Finir cette série maintenant, c'est me rendre compte une fois encore à quel point le temps passe vite.


Si je me fie à Sens Critique, j'ai regardé la première saison en 2017, juste avant de me faire la 2ème dans la foulée. Et chose assez surprenante, malgré toute ma compatibilité avec l'univers de Stranger Things, je n'avais pas eu de coup de cœur immense à l'époque. Bien sûr, j'ai bien aimé, certains épisodes étaient intenses et j'ai toujours trouvé le succès mérité. Mais disons que je n'étais jamais impliqué à 100%, bien que certains décès aient été impactants.

Par contre, la troisième saison m'a déjà plus marqué, en témoignera une note globale de 9/10 de ma part. Les dynamiques entre personnages se développent, l'univers s'enrichit, et la tension est plus que jamais présente.

La quatrième arrive pendant ma dernière année à la fac. Les thématiques abordées me parlent, notamment parce que rôliste depuis un bon moment (depuis 2016 potentiellement?). Je me rappelle à quel point la hype a été légendaire pour cette saison-là, et elle était autant mérité que le statut culte obtenu dès ses débuts.


Que retenir de ces vagues souvenirs, sinon que j'aimais la série sans en être un immense fan. J'aimais l'ambiance, le choix des musiques souvent judicieux (et en adéquation avec mes goûts, clairement), la colorimétrie, la reconstitution des années 80...Je n'étais pas en droit de me plaindre, parce que la série a toujours été généreuse avec son public.

Ce public ingrat, qui vient ensuite partir loin dans la critique négative sur une dernière saison que je trouve...plutôt bonne?


La cinquième et dernière saison m'a accompagné tout au long du mois de décembre. Le 1er épisode m'avait vaguement refroidi, parce que franchement long à se mettre en place. Surtout, à l'instar de précédentes saisons, la continuité et les espacements temporels entre celles-ci n'a jamais été le point fort de la série. Il a fallu attendre trois ans entre la saison 4 et la 5, et nous voilà parachutés dans un épisode plutôt abrupt mais tirant en longueur, avec des acteurs ayant encore bien grandis depuis.

Cependant, les enjeux finissent par s'installer et l'épisode 2 fait dans le classique. Il est à noter

que la scène de l'attaque de la maison des wheeler est admirablement chargée en violence, ce qui contraste avec le destin des parents...

A partir de là, la série adopte une vitesse de croisière très plaisante, avec un éclatement du groupe en fonction des besoins dans plusieurs théâtres d'opérations. Certes, l'intrigue est parfois étirée, c'est indéniable. Mais elle reste plaisante, et relativement cohérente avec les précédentes saisons.

Arrive bien sûr l'épisode 7. Pas exceptionnel, on va être honnête, parce que bien trop mal dosé sur le rythme. Mais sous certains aspects, le fait que la série souhaite autant s'attarder sur certaines sous-intrigues me parait légitime pour une saison finale.

Et l'épisode 8, malgré sa longueur à la hauteur d'un film (j'aurai voulu le voir en salle au passage), remonte bien la pente et s'autorise des lenteurs sur la fin, ce qui est bien plus tolérable à mon sens.


La dernière saison a sans doute été mal gérée globalement: parfois rushée, parfois étirée en longueur, l'enjeu était sans doute de taille vu tout ce qui devait être raconté. Peut-être que les auteurs sont parfois allés un peu loin au niveau de l'intrigue, avec un scénario bien plus adapté à un film de Nolan qu'à une saison en 8 épisodes.

Mais la saison 5, c'est aussi quelques scènes bien marquantes et/ou bien violentes, des rapports humains vraiment creusés, et une fin, on va pas se mentir, au niveau du restant de la série s'il fallait en dégager une moyenne. Stranger Things a toujours été comme ça, jonglant entre quelques facilités et gestions de rythme hasardeuse, et moments d'anthologies et intrigues fascinantes. Moi j'ai aimé voir les différentes intrications entre les mondes, les parallèles tracés tout au long de la série avec plein d'éléments différents.

Le combat final qui fait très jeu de rôle par exemple, était parfaitement légitime vu la série et sa première saison.

Je pense qu'à un moment, il faut savoir arrêter de faire la fine bouche, et être capable de voir avec du recul le travail accompli par Stranger Things. Cette série dégagera toujours un aura, aura toujours une âme, en dépit des références un peu trop facile et parfois nombreuses parsemées ici et là. Son utilisation de la musique diégétique par exemple a toujours été bien pilotée, je pense notamment à la période Neverending story/Dustin.

Les personnages ont tous une personnalité, et nombreux sont ceux qui évoluent au long de la série. Le seul point noir m'apparait être Eleven, qui, il faut bien l'admettre, ne change pas énormément depuis la saison 3. Peut-être est-ce du aussi aux talents d'actrice tout relatifs de Millie Bobby Brown, qui sait?

Dustin Henderson s'imposera à partir de la saison 4 comme le meilleur personnage, comme pour compenser un Mike Wheeler hélas un peu en retrait. Son moment de gloire en fin de saison est parfaitement mérité

même si j'aurai aimé le voir se venger des abrutis qui le harcelaient

Il y aurait bien des choses à dire sur la galerie de personnages développés en cinq saisons. Les choix qui ont été fait sur leurs développements m'ont toujours apparu plutôt cohérents, même si parfois déroutants. Et c'est dans cette veine que j'apprécie la conclusion qui est apporté à leurs arcs narratifs respectifs. C'était encore une fois, le choix de la facilité, mais cela ne le prive pas d'être le bon choix.


S'il fallait être honnête, Vecna était bien plus menaçant et flippant dans la saison 4. Mais son design demeure très intéressant, dans la lignée du bestiaire mince mais pas moins terrifiant de la série.

D'une manière générale, je ne pense pas que les monstres aient été pensés pour être le pilier principal de Stranger Things, contrairement à ce que son titre pourrait indiquer. Peut-être que beaucoup de gens se fourvoient, ou peut-être est-ce moi, mais à mon sens, Stranger Things est avant tout une série sur l'amitié, sur une époque parfois fantasmée, sur une culture riche et désormais banalisée. Les monstres sont un prétexte pour parler d'humains, comme souvent, et j'ai toujours trouvé une certaine sincérité dans les rapports entre les enfants de la série.


La série a un rapport assez intéressant bien que classique avec les militaires et les gens du gouvernement. Ils sont les ennemis du monde réel, se font dézingués sans scrupule, et représentent souvent une menace plus directe que le surnaturel. Le filon a parfois été surexploité, mais il était nécessaire pour des questions de cohérence. La saison 5 a abusé des militaires en tant qu'antagonistes, oubliant de tirer une réelle conclusion sur cet arc narratif, mais ils étaient légitimes vu la direction prise au fil des saisons.


Enfin, quelques éléments en vrac:

* les hommages à la pop-culture des années 80 n'ont que rarement été forcés, et s'inscrivent plutôt dans une démarche de reconstitution. La partie musicale, pas assez généreuse dans ses titres, aura quand même offert des dépoussiérages de qualité. Et n'en déplaise aux mauvaises langues, il était logique que Kate Bush revienne pour la saison 5, même s'il pouvait y avoir un peu d'opportunisme là-dedans aussi.

* le duo Joyce/Hopper fonctionne vraiment bien au fil des saisons, et le fan de Winona Ryder que je suis sera toujours reconnaissant à la série de l'avoir remise en avant.

* l'aspect Gosses à vélo qui enquêtent s'est vraiment imposé comme élément culturel après la première saison, et j'avoue qu'il aurait été sympa d'y revoir une référence marquée pour la dernière saison.

* ça s'est un peu trop engueulé entre héros dans la saison 5, mais avec le recul, il y a toujours eu des dissensions et des rapports humains complexes entre les personnages. La dynamique générale n'en a pas vraiment pâti, si on excepte quelques moments dans un ou deux épisodes.

*l'homosexualité de Will est parfaitement cohérente et pas spécialement forcée. Elle s'inscrit dans une très bonne logique, et même si la scène de son coming out a un côté niais, trop étalé, elle n'en demeure pas moins un élément qui fait avancer le récit, parce que Will avance dans sa psychologie.

*Un des parents Wheeler aurait du mourir, ça me parait évident. Là par contre je suis déjà un peu plus dérangé par ce manque de courage. Je ne pense pas en revanche que d'autres morts auraient été nécessaires. Eventuellement le sidekick un peu cynique dont j'ai oublié le nom?

J'aurai sans doute encore beaucoup de choses à dire, et j'en aurai eu encore plus si j'avais tout revu avant la dernière saison. J'ai été triste devant le dernier épisode, parce qu'il signifiait la fin d'une série que j'aime bien, et potentiellement de son univers qui m'était familier. La fin d'une bande-son envoûtante aux accents synthwave prononcés, la fin de ce coming of age géant étalé sur 5 saisons. Stranger Things a incarné des éléments culturels auxquels je suis très attaché, et rien que pour ça, je lui suis reconnaissant. Il est évident que la dernière saison est la moins bonne. Mais vu le niveau élevé de certains épisodes des saisons précédentes, c'était peut-être inévitable au final. Moi j'ai aimé la série du début à la fin. Pas adoré, juste bien aimé. Ils ont fait le travail, empruntant les chemins narratifs les plus sûrs et de tant à autre, les plus biscornus, mais la série a réussi à garder une certaine cohérence pour nous conduire à une fin que je trouve plaisante.


Stranger Things est une lettre d'amour aux années 80, autour de laquelle une histoire passionnante a été brodée. Je pense que la série méritait bien la mienne aussi.



Créée

il y a 4 jours

Critique lue 20 fois

lordwraith

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