Monstrous Eighties [CRITIQUE AVEC SPOILS !!!]

Les années 80... je reconnais à peu près tous les accessoires et décors de cette série. Jusqu'à la couleur des sweat-shirts. Et mon Dieu comme tout cela est ancien, daté, et laid ; ergo, comme je suis vieux aujourd'hui.

L'aventure des membres du Hellfire Club (je viens d'acheter le t-shirt, du coup), un groupe de gamins qui jouent à Advanced Dungeons & Dragons — parce que le D&D de base, c'est nul — va nous tenir en haleine durant quatre saisons — bientôt cinq — au fil desquelles vous les verrez grandir.

Lucas, Mike, Dustin.

Mention spéciale à l'inénarrable Dustin.

Je n'aime pas les séries. Du moins, il faut sérieusement me tirer par la manche, me traîner par le col pour que je m'y lance : je n'aime pas le binge watching, je préfère les films, enfin que sais-je.

Mes enfants cependant m'ont dit à quel point cela leur avait plu.

Alors je me suis un peu forcé, j'ai tenté le coup.

Et en effet, j'ai été tout de suite emballé par cette bande d'ados juchés sur leurs vélos dits "cross", engins inconfortables à la selle surbaissée et au braquet démesurément petit.

Toute ressemblance avec E.T, dont le succès est contemporain de l'action (1982), est bien entendu délibérée.

Cette bande de trois — le quatrième ayant momentanément disparu — mène des enquêtes façon Club des Cinq, ne manque plus que le chien Dagobert, jusqu'à ce qu'apparaisse une dimension qui sera désormais au cœur de l'intrigue : le surnaturel, la démonologie, toutes choses que ces amateurs de fantasy connaissent tant et si bien qu'ils affublent leurs adversaires de noms issus du Monster Manual d'AD&D — Mind Flayer ("flagelleur mental" en français, ou illthid, cf.Baldur's Gate III), Demogorgon, Vecna...

Deux filles se joignent à la bande : 11, dite "Elf" (toujours D&D), et Maxie la rousse mignonne mais pimbêche.

L'une dotée d'étranges pouvoirs télékinétiques, et l'autre, d'un walkman délivrant en boucle Running up that Hill de Kate Bush.

Millie Bobby Brown, qui joue Elf, a toutes les chances de devenir une star : elle est extrêmement jolie et a ce quelque chose en plus que le tout-venant des actrices.

Des comparses plus âgés, que je ne passerai pas en revue, sont aussi du voyage : jeunes gens, frère, sœur ou ami(e) des personnages principaux — dont la fille d'Uma Thurman —, adultes — Winona Ryder, qui avait bien disparu de la circulation je crois — et, si j'ai bien compté, une seule vieille dame.

Les couples se font et se défont mais globalement, l'amour et les belles histoires l'emportent.

La musique tient un rôle prépondérant dans l'histoire : le générique de Never ending story, "Running up that Hill", déjà mentionné, et enfin, dans une scène déjantée, "Master of Puppets" de Metallica.

Ces morceaux revêtent une utilité narrative, qu'il serait dommage de spoiler, pour le coup, ici. Ce sont de quasi-personnages, pour reprendre une formule que j'affectionne — mais dont je ne me rappelle plus du tout la source.

Du reste, la bande-son de la série, sobre et discrète, remplit parfaitement son office.

Je mentionnerai pour la forme une opération de sauvetage en URSS : eh oui, ce sont les années quatre-vingt, la Russie demeure une des "Républiques socialistes soviétiques."

Il s'agit de sauver le charismatique Hopper, shérif de Hawkins, type quelque peu désabusé depuis la disparition brutale de sa fille, et qui sombre dans l'alcool. Qui joue le foster father d'une Elf qui est peut-être, allez savoir, sa petite fille perdue.

Hopper aussi ronchon et brutal quand l'action le réclame, que sentimental et fidèle à ses amis. Voilà pourquoi ceux-ci vont si loin pour le ramener, sachant qu'il sera un précieux allié dans leur lutte contre "le monde du dessous."

Sachant aussi que Joyce Byers-Winona Ryder a fini par tomber amoureuse de lui : il s'est sacrifié et devait mourir dans une explosion ; il l'a sauvée et elle compte bien lui rendre la liberté.

Mais l'action reste pour l'essentiel étroitement cantonnée à Hawkins, petite ville fictive de l'Indy-Ana (pour reprendre la prononciation US), collage de différentes communautés existantes, et qui fait penser au Woodsboro de Scream, vu la quantité effarante d'événements tragiques qui s'y déroulent.

Au point qu'un des personnages principaux décide, dans la dernière saison, de déménager.

(Pour info on peut trouver près d'Atlanta, en Géorgie donc, les lieux de tournage).

***

Venons-en au cœur de la série, cette dimension horrifique du lien entre notre réalité et le monde d'en dessous. Encore que, mieux vaut ne pas spoiler là non plus.

Ces choses PLUS étranges. Les Stranger Things éponymes.

Alors j'irai vite. Un univers étrange et maléfique double le nôtre, comme deux plans inversés qui ne communiquent pas.

Enfin, qui ne communiquent pas en temps normal.

Mais ce monde maléfique, comme on peut l'imaginer, ne va pas se gêner pour se déverser dans le nôtre. Un tas de conséquences des plus pénibles s'ensuivent, dont le risque de prise de contrôle de notre bon vieux monde par des démons bavant n'est pas le moindre.

Surtout que ce sont des démons de plus en plus puissants qui interfèrent avec notre univers.

***

Je n'irai pas plus loin. Reste à dire tout le bien que je pense de cette série ? Malgré que j'en aie, ma critique je pense s'énoncerait ainsi :

  • vous ne l'avez pas encore vue, ruez-vous dessus ;
  • vous l'avez vue voire binge watchée : hop, papa raque pour Netflix, lequel Netflix s'attire les profits, l'engouement, la hype qui entoure la série — qui suscite, par exemple, ceci : l'univers de la série entraîne une exposition "Stranger Things experience".

Je m'arrête là, donc. Tout le monde a hâte que la saison 5 et dernière soit en ligne. Rien d'étrange à cela.


***


AJOUT APRÈS AVOIR VU LA SAISON 5. Initialement pleine de promesses et très créative, la série se termine par une saison dont je ne dirai rien, sauf qu'elle est de trop. C'est trop long, à l'instar de ce dernier épisode de DEUX HEURES, ça ne sait pas dire au revoir. Les péripéties finales paraissent avoir pour but de donner à chaque acteur de premier ou second plan un morceau de bravoure. L'ennui guette, féroce.

Enfin il était temps que ça se termine.

Mathieu-Erre
8
Écrit par

Créée

le 9 mai 2023

Critique lue 25 fois

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