5
le 18 juil. 2016
SuivreI've seen better things
Et pourtant, elle avait tout pour me plaire, cette série, avec sa gueule d'hommage ambulant au cinéma des années 80, de la typo du titre (typique) à l'ambiance groupe de gamins post...
“If this ain't love (Ooh, ooh), you'd better let me go.” - Huey Lewis & The News, If this is it
—-
Ça se passe en cinq heures et demie…
Préservées, pour étirer mon propre plaisir.
Mais, à trop attendre, on s’expose à la déception… Et comme les cinq saisons de Stranger Things représentent quarante-cinq heures de vie, j’entends terminer le tout dans un pur contentement. Pour ce faire, rien de mieux qu’un point de vue constructif doublé d’une excellente attitude.
Les derniers épisodes d’une longue série télévisée peuvent, pour de nombreuses raisons, se présenter comme une source de déceptions à laquelle il importe d'éviter de s’abreuver… Car s'opposer à la conclusion d’une série télévisée ne fait aucun sens. Que peut-on y faire? C’est ainsi, l’histoire prend fin.
D’autant qu’une décennie de Stranger Things offre largement l’occasion du constat et de la critique. Et comme le paroxysme d’un récit est la somme de ce qui le précède, les irritants s’annoncent de longue date. S’ils s’avèrent intolérables, pourquoi ne pas abandonner chemin faisant? Plutôt que de chuter dans les mauvais sentiments au dernier tournant.
Il faut toutefois admettre que l’aboutissement d’une idylle amoureuse suppose son lot d’émotions et contenir ces dernières avec décence n’est pas le gage de tout un chacun… Encore faut-il éprouver le besoin de gérer sa tristesse plutôt que de la rabattre sur l’objet de ses désirs.
Soucieux d’un bonheur mérité, je préfère pour ma part éluder la question en acceptant d’emblé que la série n'entend pas à la perfection. En admettant que le modèle de production ne permet simplement pas à la fois le spectacle et l’homogénéité du propos.
De fait, l’édification même de l'œuvre oblige un chaos implicite à la cadence des renouvellements, la durée du temps d’antenne consentie, les alinéas de l’audimate et l’influence des médias sociaux. Autant de garanties de décisions autrement plus convexes que le simple désir de dénombrer les lacunes qui s’en suivent…
Au contraire, il faut savoir reconnaître l’agilité des créateurs, apte à tenir les irritants en un ensemble à ce point cohérent que la foule s’est rassemblée pour constater de la merveille jusqu’à la dernière goûte.
Autant de facteurs implicites aux joies d’une conclusion.
Ici, la mauvaise foi n’est pas de mise.
—-
“Ahoy! Would you like to set sail on this ocean of flavor with me?" - Steve Harrington
—-
En toute bonne âme et conscience…
J’adore Stranger Things sans restriction.
Partie prenant de l’extraordinaire aventure à laquelle j’ai eu l’insigne bonheur d’être invitée, j’admire les Duffer Brothers et j’aime les faiblesses comme les qualités de leur œuvre.
Leur capacité de rendre à l’écran un univers organique en constante évolution est à couper le souffle. Jamais satisfaits, ils ont remis quarante-fois cette réalité en question, l'ont poussé au-delà des frontières cinématographiques et, au plus concret, l'ont soumis à un meltdown aussi éloquent que lugubre et saisissant.
Leur talent est tel qu’en réalisant une série usant, interprétant, honorant, citant et s'inspirant de la culture des eighties… Ils ont élevé le monument postmodern exemplaire, une œuvre capable de supplanter le meilleur du genre pour s’inscrire comme la référence en la matière. On en parlera encore dans cent ans.
Je considère de plus Vecna comme un apport exemplaire au bestiaire de l’imaginaire humain. Un monstre extraordinaire qui synthétise les péchés de l’époque qui a fait de lui ce qu’il est : l'incarnation terrorisante de l'inconséquence post-révolution sexuelle… En tant que victime générationnelle, Vecna ne saurait avoir tort et sa colère insondable est à la mesure de la douleur qui le défini. Le fléau qui en résulte a le mérite de s’inscrire aux côtés du Dracula de Bram Stoker à titre de horrōris abomiamentum.
Et comme si ça ne suffisait pas, l’extrapolation scénaristique de Stand-By Me (Rob Reiner, 1986) est l’un des plus brillants choix de développement qu’il m’eut été de constater. Un canevas fabuleux ayant permis l’édification d’une famille, composée d’actrices et d’acteurs, aux côtés de laquelle les spectateurs ont été invités à grandir et maturer. En s’abreuvant de la sorte au temps qui passe, Stranger Things est en quelque sorte la quintessence du Reality Show…
Tout ça, en exécutant la plus respectueuse révérence qui soit l’égard de Stephen King.
On ne saurait dire le tiers de cet ensemble de faits…
Du quart des propositions télévisuelles des dix dernières années.
—-
“Nobody normal ever accomplished anything meaningful in this world.” - Jonathan Byers
—-
Aussi, j'apprécie la fin de Stranger Things…
D’autant plus que ce qui la précède.
Et s’il demeure matière à la critique, chose certaine, les Duffer Brothers n’ont pas lésiné sur le spectaculaire. Sous cet angle, leurs choix sont judicieux, calibrés, à l’image de ce qui a propulsé le récit depuis le tout premier épisode.
S’il en est ainsi, c’est que Stranger Things n’a jamais caché qu’il était un terrain d’apprentissage. À ce titre, les réalisateurs n’échappent pas à la mesure, ils nous offrent le fruit de leur compréhension cinématographique jusqu’au dernier souffle du montage.
L’ensemble s’en trouve intègre, respectueux du récit, du public, des talents mis à contribution, des producteurs... Le contraire eut été impétueux de leur part, l’improbabilité de l’acte s’offre comme assermentation de la Saison 5.
Ne pas en admettre l'excellence est largement moins digne.
Il faut s’en pourlécher et dire humblement : merci!
MA QUOTE : 9 sur 10
NDLA : la perfection de Stranger Things repose dans le fait qu’on ne saurait lui accorder une quote de 10 sur 10, sans quoi, on lui refuse d’être une fresque en constante évolution. Et c’est là, la plus grande qualité de l'œuvre.
—-
By the way, c'est la best fin ever pis c'était une maudite bonne game de Dongeons & Dragons.
Si vous ètes pas content, allez donc sul Yable!
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.
Créée
le 6 août 2026
Critique lue 3 fois
5
le 18 juil. 2016
SuivreEt pourtant, elle avait tout pour me plaire, cette série, avec sa gueule d'hommage ambulant au cinéma des années 80, de la typo du titre (typique) à l'ambiance groupe de gamins post...
5
le 26 juil. 2016
SuivreWarning, spoil spoil spoil, jusqu’au dernier épisode. à ne lire que si vous n’avez pas vu la série, ou si vous n’en avez rien à foutre (mais alors, pourquoi lire ça ) J’ai un problème avec Stranger...
8
le 17 juil. 2016
SuivreSaison 1 (8/10) : Il était une fois une époque que seuls ceux qui sont nés au plus tard au milieu des années 80 ont pu connaitre. Une époque où le cinéma était dominé incontestablement par Julia...
7
il y a 6 jours
SuivreSupergirl a des obligations…Dont elle se contrefiche éperdument.Toutefois, en amont du Superman de James Gunn, le “S” qui la distingue n’appelle pas à l’exception : il attise l'ennemi! Aussi,...
7
il y a 7 jours
SuivreVerbinski est un nom d’origine polonaise.Il désigne ce qui use du verbe.Chez les humains, mieux on manie le verbe, moins on est apprécié d’autrui et, si les propos sont marginaux, ça ne va pas en...
5
le 6 août 2026
SuivreL’heure tant convoitée est venue…J’ai sélectionné pour l’occasion des titres qui s’étendent des années 80 à nos jours. Ma progéniture, maturité à l’appui, sera enfin gratifiée de mes connaissances...