C'est certain, je n'ai pas fait preuve d'une grande perspicacité en décidant de regarder le remake US d'une série israélienne ("False Flag", ou "Kfulim" en VO) : on imagine bien que la copie sera en deçà du modèle, sans doute simplifiée et américanisée à destination du grand public mondialisé.
Mais que voulez-vous, j'ai un gros faible pour Georgina Campbell, la pulpeuse comédienne anglaise - découverte dans "Broadchurch" S2 - qui hérite ici d'un des rôles principaux.
Encore méconnue à l'international, la belle tourne habituellement dans des productions britanniques, pas forcément faciles à dénicher pour un fan français.
C'est donc essentiellement pour les beaux yeux de Georgina (et le reste...) que je me suis lancé dans les 8 épisodes de "Suspicion", d'autant que le scénario semblait plutôt excitant sur le papier.
Hélas, comme prévu, une fois passée au shaker hollywoodien, cette histoire de braves quidams suspectés de terrorisme ne ressemble plus à grand chose. Après un début intrigant, marqué par l'enlèvement en direct du fils d'une lobbyiste mondialement célèbre (Uma Thurman), l'ensemble se révèle vite excessif, artificiel, et invraisemblable au dernier degré.
Outre les grosses ficelles et les béances narratives, c'est surtout la mise en scène propre sur elle et impersonnelle, incolore et sans saveur, qui entrave toute implication émotionnelle du spectateur. On pourrait aussi bien regarder "Person of Interest" ou "Jack Ryan", le rendu formel étant identique d'une production à l'autre, avec ces environnements urbains interchangeables, modernes et technophiles.
Certains personnages outranciers ne facilitent pas non plus la suspension d'incrédulité, à l'image de ce "terroriste" arabe d'origine irlandaise, évoluant seul contre tous comme s'il était doté de super-pouvoirs.
Dans ces conditions, les comédiens ont bien du mal à se mettre en valeur, même si certains comme Kunal Nayyar ont indéniablement du talent.
Au final, si mon intérêt pour la série n'a pas cessé de décliner, on ne s'ennuie pas vraiment devant "Suspicion", en raison du format bien rythmé (épisodes assez brefs, rebondissements fréquents), mais c'est le genre de divertissement lambda qui ne laisse aucune empreinte, aussi vite vu et aussi vite oublié.