Titre, affiche et pitch plutôt trompeurs, on est dans un drama qui n'est ni un BL ni une comédie, et ils ne reflètent en rien l'authenticité et les intentions de ce drama.
On est sur une histoire qui va commencer par un petit mensonge un peu forcé, et motivé par des intentions louables au départ. Park Jin-seong est chef dans un petit établissement de nuit. L’une de ses clientes, Kim Ah-jin est employée d’une société de production et est à la recherche d’un chef gay pour son programme de télévision. Oui, drôle de concept en effet. Bref, Jin-seong étant coincé dans une situation financière compliquée, va se porter candidat à cette émission, faisant croire à tous qu’il est homosexuel (y compris à Ah-jin).
Partant de là, l’histoire se déroule avec un rythme plutôt lent et une ambiance réaliste. La réalisation est soignée, vraiment très jolie et la BO très sympa (bien qu’un peu répétitive).
Park Jin-seong est incarné par Jung Il-woo, que j’ai trouvé mou mais avec un regard très doux. Son perso réconforte les uns et les autres avec ses paroles et surtout sa cuisine. Sa partenaire à l’écran, Kang Ji-young, incarne une jeune femme simple et naturelle, mais parfois un peu nunuche à mon goût. Celui qui vient compléter notre trio, c’est le styliste de l’émission, Kang Tae-wan, qui va tomber amoureux de Jin-seong. Incarné par un Lee Hak-joo remarquable, qui joue avec sincérité et humilité, ce dernier a une mélancolie touchante dans le regard, et parvient à faire monter en puissance son personnage jusqu’à la fin. J’ai fini de regarder rien que pour lui.
Le déroulé de l’histoire est fait d’une intrigue autour de ce mensonge initial, et de toutes les péripéties autour du tournage de l’émission. Même si on est dans le contexte d'une société de production, les relations entre les protagonistes m’ont paru très humaines et pas trop superficielles. On a énormément de conversations toutes simples et pleines de vérités entre les protagonistes.
Les personnages secondaires font bien le job, avec la toujours excellente Gong Min-jung, et le mignon Park Sung-joon.
Le premier tiers est vraiment sympa et passe tout seul. Après arrivent les petites choses qui fâchent, le voyage improvisé à la plage (pas vraiment crédible), les mensonges en cascade qui deviennent fatigants, et surtout les effets comiques maladroits et complètement ratés voire malaisants pour les comédiens.
Arrivée à l'épisode 8 , je me suis forcée un peu, uniquement par intérêt pour le perso de Tae-wan, le mieux écrit et le plus développé. Car cette deuxième moitié présente de vrais problèmes de rythme. Heureusement c’est aussi là que sont développées les quelques aspects intéressants sur l’homophobie, la perception des homosexuels dans la société, dans la famille, les relations avec les parents… Autant ces réflexions ont le mérite d’être présentes, autant elles auraient pu être mieux exploitées en recentrant l’histoire sur Tae-wan plutôt que de s’empêtrer dans les histoires de la société de production dont je me contrefous personnellement. Bref.
Et la nourriture dans tout ça, me direz-vous ? Et bien, elle est là et bien mise en avant. Elle est là pour vous réconforter, pour vous faire voyager, ou vous souvenir d’un beau moment… La cuisine qui est montrée, c’est celle qui peut vous émouvoir et vous donner du courage.
Le dernier épisode est un peu pathétique, avec une Kim Ah-jin qui doit assumer les conséquences d’un mensonge dont elle ignorait tout, et surtout toutes les pleurnicheries que cela entraîne.
Voilà, je reste sur une frustration quand je vois les petits éclairs de génie et les moments de grâce que ce drama a su créer, suivis des scènes totalement inutiles et qui détournent les belles émotions qu'on vient de ressentir. C’est beau et c’est dommage à la fois. Je mets un généreux 8 pour Lee Hak-joo.