Syndic de Choc
6.3
Syndic de Choc

Drama JTBC (2026)

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Alors non, Rosé des Blackpink n'est pas venue faire un cameo dans le drama, mais je crois que le titre de sa chanson avec Bruno Mars est de circonstance ici, puisque l'action se situe dans une énorme résidence de tours de près de 9 850 foyers (oui ça fait du monde). Et l'idée de départ est plutôt originale, puisque les dramas qui se déroulent dans ces grands ensembles prisés par les classes moyennes et supérieures sont plutôt rares. Car si en Europe, notre but est de ne pas finir dans ces " cages à lapins " géantes, en Corée du Sud c'est tout le contraire. En effet, la plupart des habitants sont des propriétaires, avec une proportion de 10 % de locataires et autant de logements sociaux intégrés. En plus de l'histoire principale, je pensais qu'on allait évoquer les problèmes quotidiens auxquels cette population est confrontée. Ce monde est vaste, mais il représente un microcosme dont plusieurs thèmes n'ont malheureusement pas été approfondis. The Apartment Job est un mix de comédie dramatique, de crime et de thriller. Cette balance fonctionne à peu près bien sauf par moments où elle va chanceler.


Park Hae-Kang(Ji Sung) est un ancien chef du gang qui s'est reconverti dans la gestion d'un tripot clandestin et le recouvrement de dettes. Mais un jour il tombe dans une machination et doit trouver 10 milliards de wons pour libérer de prison son père spirituel, gravement malade. Grâce à Hwang In-Sik, dit "le Lézard"(Kim Won-Hae), un escroc qui lui doit de l'argent, il apprend qu'un énorme fonds de réserve destiné aux réparations d'un énorme complexe résidentiel, dont le montant avoisine les 18 milliards, peut être récupéré. Faisant de l'appartement d'In-Sik leur QG, il espère ainsi se faire élire d'abord en tant que représentant de son district, puis en tant que président du conseil des représentants. C'est l'opportunité rêvée de vider les comptes bancaires de la résidence. Pour mettre en œuvre son plan, en plus des quatre compères, il va faire appel à une assistante juridique fauchée qu'il avait déjà croisée, Kang Ha-Ri(Ha Yoon-Kyung). Mais Lee Chung-Won(Park Byung-Eun), le PDG qui a construit l'ensemble, va se dresser devant eux, faisant partie d'un club de malfrats. La " concierge " du coin, Jang Suk-Jin(Moon So-Ri), au courant de tout en tant que commère, pourrait s'avérer être une alliée précieuse.


Ce qui m'a plu dans la série, c'est le concept de cette infiltration dans ce complexe : le cadre de la résidence permet un mélange assez original de comédie, de drame social, de thriller, de crime et saupoudré d'action. Cela fonctionne plutôt bien dans l'ensemble, même si dans la seconde partie ça devient un peu bancal. On apprend sommairement, mais aussi de manière ludique, comment fonctionne une copropriété à la coréenne et comment elle est gérée. Ainsi, contrairement à ce que laisse présager le titre français, le poste de syndic n'existe pas et la résidence est représentée par un président qui représente l'ensemble des résidents et qui fixe le budget à administrer. La petite bande se donne à fond et parvient par moments à combler les lacunes du scénario. Le petit garçon est vraiment convaincant et adorable. Cette " famille " est le cœur le plus sympathique de la série. Il y a aussi certains retournements de situation marrants, même si souvent téléphonés, une dynamique de personnages, de petites scènes d'action, des scènes mémorables grâce à l'inénarrable Kim Won-Hae. Au début surtout, l'atmosphère et le rythme sont plutôt bons. Le potentiel est là, avec des cas concrets de problèmes récurrents qui touchent les relations de voisinage.


Malheureusement, cet énorme potentiel social est sous-exploité, tout simplement parce que le drama n'a pas le budget de ses ambitions, ni le scénario construit qui va avec. Tout est survolé : propriétaires contre locataires, logements sociaux, malfaçons, vétusté, conflits de voisinage, intérêts immobiliers, etc. The Apartment Job aurait pu être une comédie sociale extrêmement originale. Mais la plupart de ces éléments restent à l'arrière-plan. On nous montre le problème, puis on passe rapidement à autre chose. C'est vraiment dommage. Le complexe est gigantesque (plusieurs milliers de logements), mais visuellement, il paraît petit : quand il y a des manifs ou des réunions, on croirait être dans un petit quartier. C'est un problème majeur parce que la résidence est censée être le cœur du drama. Bref, ça manque cruellement de vie, les rues sont quasi désertes et donc l'impact sur cette soi-disant fourmilière tombe à l'eau. Les discussions tournent toujours autour des mêmes personnes, qui représentent l'archétype et le stéréotype qu'on voit dans les K-dramas : chacun a son rôle bien calibré et s'y tient. Le seul personnage qui évolue et anime cet environnement sclérosé, c'est Jang Suk-Jin ; c'est insuffisant.


L'écriture est trop sommaire : on fait avancer l'histoire grâce à des pichenettes et à des éléments qui arrivent toujours au bon moment. Ne vous attendez pas à de grosses surprises, l'ensemble est attendu et convenu quand la phase thriller prend le dessus. Les réactions des résidents sont aussi problématiques et stupides : c'est tout blanc ou tout noir quand Hae-Gang et son équipe sont au cœur du sujet. On dirait le " club des moutons associés ". Alors c'est marrant sur le coup, mais jusqu'au bout, c'est lassant. Mais la fausse bonne idée (FBI) est d'avoir intégré un antagoniste principal trop caricatural : Lee Chung-Won commence comme un personnage potentiellement intéressant, un chaebol de la construction, puissant, avec ses propres intérêts. Mais au fil du temps, on dirait juste un gosse capricieux, frappé de paranoïa : " Je suis méchant parce que je suis méchant. " Plus la série avance, plus ses comportements deviennent incohérents. Park Byung-Eun est un super acteur, mais on le fait vraiment passer pour un guignol, car il surjoue constamment. Bref, tout manque souvent de crédibilité, parce que l'histoire s'égare dans des élucubrations sans intérêt. La réalisation insiste pour nous appâter avec une future relation entre Hae-Gang et Ha-Ri, mais c'est une autre romance qui verra le jour à la fin.


Comme un vieux gimmick, on aura droit aux PPL de Subway et aux patchs antidouleurs, suivi du sempiternel « X ans après » à 15 minutes de la fin. Ceci pouvait laisser espérer quelque chose de plus authentique et atypique... Et non. Cette série me laisse un sentiment étrange et paradoxal : les acteurs donnent beaucoup et savent nous divertir quand il le faut, on apprend à les aimer ; l'ambiance est bonne, les quelques personnages secondaires sont attachants, l'idée de départ est sympa, car on nous vend le concept du truand qui va se prendre au jeu et s'investir pour le bien-être du complexe résidentiel, certaines scènes sont vraiment drôles et d'autres touchantes, mais... le scénario ne suit pas toujours et les incohérences et les facilités d'écriture pleuvent, surtout passé la moitié du drama. La baisse de rythme est flagrante vers la fin, avec beaucoup trop de scènes sorties de leur contexte, comme s'il fallait meubler. Et ce n'est généralement pas bon signe. En conclusion, j'ai comme un goût d'inachevé qui me reste à travers la gorge, parce qu'avec une idée pareille, un casting qualitatif et un cadre grouillant de vie et de sincérité, on aurait pu avoir un super drama au lieu d'un très moyen.

Main Theme : Lee Won Seok - A Good Gangster

Additionnel OST : Ha Hyun-woo (Guckkasten) - FLY

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2

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