Le 25 avril 1986 au soir, un arrêt système AZ5- test de contrôle (défaillance humaine des opérateurs non prouvée mais un réacteur pourvu d’un défaut de conception) sur le réacteur 4 de cette centrale nucléaire se transforme en pire catastrophe nucléaire de l’histoire (En 1/2 seconde puissance multipliée par 10 000 et température de 40 000 degrés...une cocotte-minute infernale)...1200 tonnes du couvercle volent en éclats le 26 avril 1986 à 1h23 projetant vers le ciel une colonne incandescente dans les nuages. Toute cette mécanique maladroitement maitrisée se solde par la fusion incontrôlée du coeur de ce réacteur RBNK typiquement soviétique jusqu’à son explosion spectaculaire et lumineuse et au final, un incendie gigantesque détruisant un toit de 10 000 mètres carrés. Cette centrale construite en 1970 disposait des plus grands réacteurs d’Europe , quatre chacun produisant 1000 mégawatts pouvant alimenter un million de foyers. Les fumées chargées de plutonium un mélange de combustible de graphite et d’uranium s’évaporèrent dans l’air en contaminant toute une population et la nature environnante. La ville de Prypiat à quelques kilomètres, agglomération nouvelle et lieu de villégiature de techniciens et d’ingénieurs avec leur famille fut évacuée, quelques jours plus tard, dans la confusion et les atermoiements politiques préservant la loi du silence et de la corruption du régime soviétique de l’époque. Que de cancers de la thyroïde parmi les pompiers, les mineurs chargés de creuser un tunnel, et des liquidateurs (entre 60000 et 800000 ouvriers spécialisés déblayant les matières radioactives répandues sur le chantier). Une forte irradiation aux rayons Gamma fait perdre les cheveux, s’attaque aux cellules osseuses de la moelle épinière puis au système gastro-intestinal et au système cardio-vasculaire dans les pires cas. Quant au premier sarcophage de béton terminé le 30 novembre 1986 puis un second en forme de dôme achevé en 2016, ils font partie du jeu macabre des poupées russes car personne ne sait comment démanteler ce monstre endormi. Existe-t-il une quelconque technique sérieuse pouvant venir à bout de ce béton et de toute cette ferraille contaminée pour l’éternité ? Il est permis d’en douter. Les becquerels touristiques sont légués aux futures générations. Un documentaire à ne pas louper.