Quand l’ambition ne suffit pas à sauver l’ennui

"That Was Then" (ABC, 2002) est l’exemple même d’une série qui trébuche sur ses propres promesses. Armée d’un concept pourtant alléchant — revisiter son passé pour réparer ses erreurs —, elle parvient à transformer une belle idée en une expérience tiède et sans relief.


Dès le départ, la série affiche ses intentions : un mélange de drame familial, de voyage temporel et de quête existentielle. Malheureusement, cette combinaison reste largement théorique. Très vite, on sent que l’écriture manque d’envergure et de profondeur pour soutenir le propos. Les épisodes peinent à creuser les conséquences psychologiques des choix de Travis, préférant dérouler une suite de péripéties prévisibles et sans véritable enjeu.


Les personnages, eux, sont à l’image du scénario : superficiels et sous-développés. Travis, pourtant au cœur du récit, ne parvient jamais à susciter une réelle empathie. Son évolution paraît forcée, les relations avec son entourage manquent cruellement de nuance, et l’ensemble semble souvent dicté par les besoins du scénario plutôt que par une logique émotionnelle crédible.


Là où la série aurait pu proposer un drame poignant sur les regrets et les détours de la vie, elle se contente de rester à la surface. Les dilemmes moraux sont esquissés mais jamais approfondis. L’absence de véritable tension dramatique finit par rendre l’ensemble plat, voire parfois ennuyeux.


Côté réalisation, That Was Then ne relève pas non plus le niveau. La mise en scène est fonctionnelle, sans inventivité, et l’esthétique visuelle reste totalement anonyme. Aucun moment de mise en image ne vient marquer durablement la mémoire du spectateur. Quant à la bande-son, elle accompagne sans jamais transcender l’émotion.


Tout n’est cependant pas à jeter. Le rythme est correct, et certaines scènes laissent entrevoir le potentiel inexploité de la série. Quelques acteurs parviennent même, ponctuellement, à insuffler un peu d’authenticité à leurs personnages malgré la pauvreté du matériau qu’on leur donne.


En fin de compte, That Was Then est un rendez-vous manqué. Une série qui voulait jouer dans la cour des grands drames existentiels mais qui finit par ressembler à un téléfilm du dimanche après-midi : gentiment regardable mais totalement dispensable. D’où ma note sévère de 4/10 — un verdict à la hauteur de ma frustration devant tant de gâchis narratif.

CriticMaster
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le 13 juin 2025

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