Pour rappel, les séries Star Wars sur Disney + : tout est nul, sauf Andor qui est une véritable pépite. Je commence fort mais c'est important de poser le décor pour comprendre à quel point, après toutes ces tentatives ratées (du très attendu et très décevant Kenobi au Mandalorian et ses épisodes vides qui ne servent qu'à teaser d'autres séries nulles), chaque nouvelle production Star Wars Disney + est accueillie avec toujours plus de froideur, d'indifférence et de lassitude.

Alors quid de cette nouvelle œuvre Star Wars ? En un mot : frustrant. Ou décevant. Enfin, en bref, rien de très très bon.

Pourtant, au vu des premiers retours ultra-positifs - vantant le renouveau tant attendu des séries Star Wars -, on était en droit d'attendre beaucoup de The Acolyte, dernière série Disney + dans notre galaxie lointaine préférée. Sur le papier, les occasions de se réjouir sont bien là : une intrigue à première vue épargnée de tous fans-service, puisque se déroulant plusieurs décennies avant les événements de la *Menace fantôme, *Carrie-Anne Moss et Lee Jung-Jae en Jedi au casting, etc.

Eh bah, au final, c'est toujours pas ça.

Carrie-Anne Moss en Jedi : une évidence

Mais commençons par le positif. Selon cette malédiction bien connue, qui veut que quand une série Star Wars se base sur des personnages existants que tout le monde veut revoir, elle s'avère complètement éclatée (cf. Kenobi, encore lui), la réalisatrice/scénariste Leslye Headland a effectivement eu une riche idée en focalisant The Acolyte autour d'une période et de personnages inédits dans le lore (cinématographique en tout cas) : ne pouvant se reposer sur des personnages déjà introduits et populaires, la scénariste est donc contrainte de développer de nouveaux protagonistes, à faire en sorte que l'on s'attache à eux, à mettre en place une intrigue à partir de rien. Une anomalie dans l'univers Star Wars, où vous devez généralement lire seize bouquins et voir douze séries pour avoir un développement complet de personnage. Bref, je suis énorme rageux.

Donc, c'est indéniable, The Acolyte a effectivement un côté rafraîchissant : se familiariser avec une galerie de nouveaux personnages, notamment celui de Sol (Lee Jung-Jae, très bon en maître rongé par la culpabilité, porte clairement la série), Carrie-Anne Moss en Jedi, c'est une évidence et c'est réjouissant, et que dire de ce méchant, ce nouveau seigneur Sith, dont l'introduction sur Khofar, dans cette forêt sombre, et le combat qui s'ensuit sont un bijou de mise en scène. Ce méchant, porté par le très convaincant Manny Jacinto, profite d'un des avantages d'une série 100% originale : le mystère d'une intrigue qu'on ne connaît pas encore. La série le sait... Et clairement, elle va en user et en abuser.

Téma la taille de mon flashback

Et oui, comme le monde est injuste, passé la surprise du début, la série s'avère être une coquille vide. Aux termes de huit épisodes où il ne s'est finalement pas passés grand chose, on perd peu à peu l'intérêt pour The Acolyte, la série reposant toute entière sur un "build-up" très poussif autour d'un "terrible" événement qui se serait passé seize ans auparavant, sur la planète Brendok.

La série passe plus de temps à faire des retours en arrière (deux épisodes sont des flashback de ce fameux événement-charnière... Deux sur huit), à faire des références nébuleuses sur le passé des personnages, qu'à faire avancer le schmilblick comme on dit. Au final, The Acolyte ne raconte jamais vraiment rien : ni le passé dont on ne sait rien, ni le présent, où on ne parle que du passé. C'est vide.

Bourrée de ce genre de facilités scénaristiques, l'histoire n'est clairement pas assez solide. Les deux personnages principaux, les jumelles Osha et Mae, sont particulièrement fades et manquent un peu de profondeur.

Les extraterrestres "Visage peint en vert" de la planète "Sentier de GR"

Ajoutez à ça le manque de budget - qui commence clairement à se voir au fur et à mesure des productions Star Wars, entre les extraterrestres de la race de "On m'a peint la peau en vert et rasé le crâne car y a plus un rond" et les planètes forêt-random et sentiers de GR.

En bref, tout fait plus cheap, notamment les Jedi, dont certains ont clairement pas l'air d'être des Jedi, mais plus des experts-comptables en kimono et avec des tresses.

Et au final, des Jedi qui n'ont clairement pas les épaules pour le job, qui ne sont pas à la hauteur de leur mission, c'est assez cohérent avec ce que la série a parfois l'air de vouloir raconter, c'est-à-dire un Ordre Jedi interventionniste, belliqueux, pétri d'orgueil et de certitudes et qui ne voit pas venir sa chute inexorable (ce qu'incarne le personnage de Sol). Mais tout ça, la série attend la fin pour vraiment le raconter, tant et si bien qu'on a le sentiment, au cours de cet ultime épisode, que The Acolyte commence tout juste, surtout avec ses caméos.

Bref, c'est bien beau, mais ça ne vaudra jamais Andor tout ça.

Créée

le 16 août 2024

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