S'il faut évidemment saluer tout le travail derrière l'ensemble de cette série indépendante, difficile de se contenter de son final qui désamorce l'intégralité des enjeux construits en presque 3 ans.
C'est d'autant plus dommage que la série parvient à brasser des thèmes sévères et touchants avec justesse. Les archétypes de personnage présentés fonctionnent très bien, on prend le temps de parler des problèmes de chacun sans les rendre bêtement évidents et cela donne lieu à des moments d'échange réellement touchants.
L'humour cinglant et cynique qui parsème la série fonctionne d'ailleurs tout aussi bien, permettant de rendre plus digeste le ton très grave que la série prend par moments.
Seulement, avec un pitch comme celui que présente la série, le spectateur est dans l'attente d'explications et de révélations, et c'est là que le bât blesse. La résolution de l'histoire n'est pas à la hauteur de son concept, et dessert même ce qui a été progressivement construit au fil des 9 épisodes. En effet, en remettant cause en les "règles du jeu" données au départ, la conclusion perd tout impact émotionnel et détache même le spectateur des personnages auxquels il se sera attaché.
Pour une explication plus claire :
Au début de la série, des personnages humains se retrouvent prisonniers d'un monde virtuel auquel ils se connectent par le biais d'un casque VR. C'est ainsi que Pomni, personnage principal, découvre l'univers du cirque virtuel. Tout l'enjeu de la série est de trouver un moyen de sortir de ce monde pour retrouver sa vie d'avant. Le problème, c'est que lors de l’épisode final, on nous confirme que les personnages que l'on suit ne sont que des copies numériques générés par une IA qui a eu accès au scan du cerveau des joueurs (on imagine par le biais du casque) et qu'elle fait vivre dans un monde qu'elle gère. Et c'est là que se crée la dissociation émotionnelle pour moi. Les personnages auxquels on s'est attachés ne sont pas vraiment ceux présentés au départ. L'enjeu de sortir du monde virtuel n'est donc plus valable puisque les humains n'y ont à priori jamais été. De plus, l'ensemble des problèmes et objectifs que les copies se donnent sont déjà résolus pour les vrais eux du monde véritable, pour lesquels on a peu d'intérêt vu qu'ils ne sont pas non plus les personnages que l'on a suivi jusque là.
Cette conclusion se fait en plus de quelques soucis supplémentaires qui n'aident pas à sa digestion :
- l'épisode final concentre la moitié de son temps sur Jax sans qu'il y ait de résolution pour son personnage, qui finit d'être présenté comme le dernier des connards
- Caine revient comme un cheveu sur la soupe sans réelle explication pour apporter la conclusion aux personnages et au spectateur
- on ne sait pas pourquoi ni comment on est passé d'une IA avec une technologie de scan neuronal dans un cadre médical à un jeu vidéo à priori disponible au grand public
En résulte une expérience onirique perchée qui crée de belles émotions mais qui se termine en eau de boudin.