La sensation qui me vient après le visionnage de ce film, est une sorte de flottement persistant, comme un brouillard matinal.
En réalité, je suis dans le flou total.
Je capte bien le délire ricain qui fait référence à des théories du complot et tout le folklore un peu geek, un peu parano, et farfelu, qui s'y rattache, genre QAnon et compagnie.
Les complots existent, bien sûr.
Selon Conspiracy Watch et cet imbécile de Quatremer, je suis un complotiste ...
Passons.
Le début est bien foutu.
On a ce type, quarantaine tassée, seul, perdu, raté socialement, sentimentalement et économiquement, qui tue sa dépression à coup de whisky, en duo avec une psy à la sauce yankee, mercantile, à moitié diseuse de bonne aventure, ou saltimbanque, seule aussi, pâlotte (presque maladivement), qui à l'air de s'amuser visiblement comme une petite folle dans sa vie.
Les choses dérapent progressivement, des anomalies surgissent dans la réalité, anodinement.
L'idée de l'interrupteur comme élément de perturbation, est amusante.
A mon avis, le réal a dû voir "Twin Peaks", dans sa tendre enfance, sur une cassette VHS, avec son papa (il n'a toujours rien compris à la série).
Puis, la porte est franchie.
Et là, bon.
L'univers parallèle est d'une étrangeté divertissante. visuellement, et attire le regard. OK
En plus, c'est agréablement filmé, sans non plus être transcendantal.
Par contre, quel est la direction ?
Où va-t-on ?
Que foutent les personnages, qui sont-ils vraiment, et que représentent-ils?
Vers quoi, eux aussi, vont-ils ?
Je me suis demandé où j'allais atterrir dès que le renoi dépressif à franchi le portail (dimensionnel?, réel? ...), sans jamais véritablement savoir précisément (et même vaguement), où j'étais, fin comprise.
J'ai espéré, jusqu'à la fin, que les tonnes de questions que je me posais (de plus en plus nombreuses), en matant ce film, allaient trouver un dénouement, des pistes, quelque chose d'un peu tangible quoi.
Et bien, j'ai été déçu.
Ai-je voyagé dans l'inconscient d'un vendeur de meuble raté?
Ai-je exploré une autre dimension parallèle du réel contrôlée par un Big "Matrix" Brother?
Qui sont ces gens ?
Pourquoi ?
Comment ?
La psy frigide est-elle une élue ?
Le faux pirate se fait-il bouffer par son moi intérieur ?
Pourquoi ?
Comment ?
Où va ce film ?
Voilà, je suis perplexe.
J'ai peut-être les mauvaises lunettes, car j'y voie tout flou.
Ou alors, il n'y a rien à comprendre.
Genre, on s'en balance total.
J'accepte le concept. soit.
Je veux bien concevoir un cinéma sans sens véritable, sans direction, vaporeux, foutraque, illogique, étrange, décalé.
Mais là, désolé, je n'ai pas compris.
Par exemple, dans la dernière partie de "2001 l'Odyssée de l'Espace", il y a aussi des séquences, des images, des situations totalement obscures, frisant le psychédélique, au sujet, aussi, de la réalité, des mondes parallèles, d'autres dimensions, mêlant présent, passé et futur.
Mais en persévérant (ce fut mon cas), on y trouve un sens, au moins métaphorique, personnel.
Autre exemple, Bugonia, dans le genre complotiste, est plus explicite (et moins sérieux).
Attention, je n'ai rien contre des délires oniriques, tordus, ou carrément barrés.
Je kiffe "Dead Man", "Les Crimes du Futur", "La Montagne sacrée", ou "Prisoners of the Ghostland" (totalement fou).
A mon avis, je pourrais revoir Backrooms une deuxième fois (ce que je ne compte pas faire), que j'éprouverai encore cette même perplexité quant au propos, à la thèse, au sujet, de ce film.
J'ai bien peur que l'on sois en présence, tel un puit, d'un film, sans fond, superficiel.
Un film pour adulescents, qui, pour couronner le tout, ne m'a pas fait flipper tant que ça.
L'époque de "Massacre à la Tronçonneuse" et des films gore des eighties est bien révolue.
C'est de l'horreur propre.
A la limite, même, la vieille série "La 4ème Dimension" (je vous la conseille), en noir et blanc, basée sur un délire similaire, m'a procuré beaucoup plus de malaises paranoïaques et de peurs angoissées, étant gamin.
PS:
Je suis preneur d'interprétations solides car je suis peut être tout simplement demeuré.
C'est possible.