The Bear
7.5
The Bear

Série FX (2022)

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Saison 1 : Situé à Chicago, The Bear se décline en 8 épisodes courts et tendus réalisés comme autant de films indés, entre classes populaires et mafias locales, mais dont le cœur est The Beef, ce petit resto de sandwich dont le proprio vient de mourir et dont le frère, chef de renom, a récupéré l'exploitation… . et les emmerdes qui vont avec.

Ça va à 100 à l'heure, ça crie, ça vocifère, ça hurle du "chef" à tout va, mais ce rythme effréné, parfois épuisant, n'empêche pas une écriture remarquable des personnages, dévoilant progressivement leurs failles et exposant les enjeux. L'effervescence dans les cuisines est plus vraie que nature, preuve est faite dans cet incroyable épisode 7 en plan séquence, suffoquant, soutenu par une musique rock étourdissante alors que tout va de travers. Et The Bear donne faim!


Saison 2 : Nouvelle saison virtuose pour The Bear, d’autant plus prenante qu’on a maintenant apprivoisé les personnages et qu’on s’en est fortement entiché.

Chaque épisode allie adrénaline et gastronomie avec gourmandise et l’idée du compte à rebours jusqu’à l’ouverture du restaurant est particulièrement habile pour accentuer le sentiment d’urgence.

Après l’épisode plan séquence de l’année dernière, les réalisateurs réalisent un nouveau tour de force avec un épisode en flash-back qui revient sur un repas de Noël virant au réjouissant jeu de massacre. Cette saison convie aussi de nombreux guests, ce qui pourrait être un artifice inutile s’ils n’étaient pas interprétés par des acteurs d’exception. On valide donc. Fortement.


Saison 3 : La série multi-primée de FX monte encore d’un cran dans la tension qui la parcourt. C’est frénétique, extrême, parfois hystérique. Heureusement qu’elle s’octroie quelques respirations (généralement via des flash-back) pour nous permettre de reprendre notre souffle de temps en temps. Avec cette saison, la quête d’une étoile Michelin pour Saint Graal.

The Bear reste égale à elle-même dans la qualité de sa bande son (démente) et l’insolent niveau de l’ensemble de son casting. Les personnages secondaires gagnent en épaisseur, le scénario creuse leur passé et éclaire leur histoire (formidable épisode 6 sur Tina réalisé par Ayo Edebiri). Mais ça peut aussi trainer parfois en longueur, en témoigne le pénible épisode 8 sur l’accouchement de Sugar. Cette troisième saison alterne donc entre épisodes bavards, parfois ennuyeux et d’autres (heureusement plus nombreux) tendus et brillants selon les personnages et les situations. Le dernier est particulièrement intense et réussi.


Saison 4 : The Bear semble avoir dit ce qu’elle avait à dire et commence à avoir du mal à se renouveler pour raconter de nouvelles histoires. La série est toujours aussi bien réalisée, portée par une bande son démente, elle est magnifiquement incarnée, mais a tendance à tourner un peu en rond désormais.

Peut-être parce que ses personnages ont fini par traiter leurs trauma et atteint une sorte d’apaisement qui se reflète sur l’énergie qui anime les épisodes, moins frénétiques?

Même « l’épisode choc » de la saison est plus serein, plus positif, loin du chaos de ceux des saisons précédentes

On est vraiment prêts à dire au revoir à Carm et au Bear à présent…


Saison 5 : En renouvelant peu ses enjeux, la série a, au fil des années, progressivement perdu de son intérêt.

Cette ultime saison tourne sérieusement en rond dans ses premiers épisodes, tout juste électrisée par un orage démentiel aux airs de catastrophe divine (mais le chaos étant la marque de fabrique de The Bear, on n’est pas vraiment dépaysé). Heureusement, lorsqu’il s’agit, à mi-parcours, de dresser les tables et de servir les clients dans des conditions dantesques, The Bear nous rattrape par le colback puis délivre son moment signature, l’épisode frénétique et virtuose qui vous cloue le bec (bizarrement absent de la saison 4), signant peut-être l’un des meilleurs de la série, aussi intense qu’émouvant. Le final qui suit, plus nostalgique, fait la part belle aux comédiens, leur offrant une jolie sortie méritée.

Thibault_du_Verne
8

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Créée

le 25 sept. 2023

Modifiée

le 5 août 2026

Critique lue 82 fois

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