Oui, vu les critiques, je trouve que c’est plutôt décevant.
Il y a maintenant beaucoup de films et de série qui aborde le sujet de la cuisine. On entre peut-être maintenant dans une étape où la cuisine n’est plus le sujet mais seulement le cadre d’une narration (comme dans « Makanai. Dans la cuisine des maiko », Midnight Diner ou Le Menu). C’est le cas ici. Toutefois, qui dit cuisine dans l’industrie de l’image, dit aussi habitudes de filmer et de construction de scénario. Donc, comme n’importe quel oeuvre sur la cuisine, on sait que l’on va avoir droit aux gros plans sur les plats et leur préparations qui se succèdent à un rythme élevé. Donc pas très original.
Comme le sujet ici n’est pas la cuisine mais une série de personnages, on a droit aussi aux gros plans des visages qui s’inserrent dans le flux de ceux de la cuisine. Pour parfaire ce rythme, on a une camera à l’épaule qui colle aux personnages et qui circule diablement efficacement dans l’espace réduit des cuisines.
Tout ça, c’est très bien mais c’est vite stressant et donc soulant car le sujet principal de la série met du temps à apparaître et donc le spectateur est bombardé d’image et ce demande un peu pourquoi diable il est rentré dans cette cuisine qui de plus est peu ragoutante.
Alors si le sujet est les personnages, qu’est-ce que cela donne ? ma foi, je dirais qu’ils font le job; rien de prime abord qui soit attractif; mais il n’e reste pas moins une galerie de portraits qui, à force, deviennent attachants bien qu’assez stéréotypés (le cousin qui en fait trop, la stagiaire qui s’y croit déjà, le pâtissier timide et renfermé). Mais toutefois avec un jeu très nord-américain à mon humble avis (des hochements de têtes sans arrêt, des silences soulignés mais pas trop long quand même pour ne pas perdre l’attention des téléspectateurs).
En résumé on a tout de même une première saison qui, si on dépasse les longueurs rébarbatives (le premier épisode est caricatural (il faut vraiment se forcer pour continuer), les clichés sur la mise en scène des films de cuisine et les stéréotypes du jeu à l’américaine, permet quand même de décrire cette première étape, The Beef, avant de suggérer la seconde, The Bear.
Saison 2.
On fait évoluer le boui-boui vers une tentative de restaurant étoilé. On se dit que c’est un très bon cadre pour voir les personnages se confronter à ce nouveau défi. Et effectivement il y a de très belles évolutions (la Tina rebelle dans son école, le pâtissier qui découvre l’Europe, le cousin qui enfin se réveille et découvre sa vrai place, etc.). Cela donne lieu a de jolies scène comme celle du duo à Copenhague (avec le Chef Luca interprété par Will Poulter). Mais il n’en reste pas moins, comme dans la première saison, des longueurs. Le clou, c’est l’épisode 5, le repas de Noël, fatiguant, même la scène de la fourchette s’étiiiiiiiire en longueur. Tout un épisode pour décrire la famille dysfonctionnelle, franchement, c’est trop. Et puis il y a le tout dernier épisode. Et bien, quand on veut allécher le chaland avec une 3e saison, on essaye de bien le faire avec un vrai rebondissement et pas cet espèce d’effilochage d’états d’âmes des personnages principaux. Tout bien considéré, Carmy peut peut-être prendre son temps dans la chambre froide puisqu'il semble l'apprécier beaucoup, je ne suis pas sûr d’être pressé de le revoir dans une saison 3…