D’accord, on ne peut pas juger une série avant de l’avoir vue en entier — mais quelle idée, aussi, d’étaler sa diffusion sur deux mois ? Ils ont tellement besoin de garantir des renouvellements d’abonnement, chez Disney ? Pas sûr que l'intérêt dramatique résiste à une semaine de mise en pause, quand le principal plaisir d'une bonne série, c'est de plonger dedans sans pouvoir s'en arracher.
Un début où tant de scènes traînent en longueur, dont les effets d'horreur suscitent une fréquente impression de déjà vu, ça démarre moyen. Les os qui craquent, les convulsions des contaminés en pleine métamorphose, leur explosion finale rappellent un peu trop la Hyde de Wednesday, les boyaux gluants d’Alien, les vampires de True Blood. Possible, d’ailleurs, que ce soit des clins d’œil. Mais trop de clins d’œil, ça finit par faire tic. Ou manque d’imagination.
Quant à l’argument… Un virus sexuellement transmissible qui vous transforme en top model avant de vous faire exploser ? Passons sur le côté débile, que le résumé fourni par la plateforme met cruellement en évidence. L'intrigue vient d'une bande dessinée, dit wikipedia, et ça se voit. Mais le problème tient aussi au caractère confus du propos. Si le sujet, c’est les ravages causés par le désir d’être désirable, comme le suggèrent le personnage du gros gars incel et quelques répliques du héros, ça se marie mal avec la contamination sexuelle dont est victime l’héroïne.
Mais bon. A titre provisoire, on pardonnera tout à Peter Evans, même sa couleur ratée qui lui donne un teint d’endive, même son jeu blanc assorti à son teint. En revanche, quelle idée de se débarrasser si vite de Rebecca Hall, alors que c'est son charme singulier l'élément le plus accrocheur des deux premiers épisodes ? La jeunette bimbo qui va lui succéder aura peut-être du mal à prendre la relève.
Surtout, quand on regarde une série d’horreur aussi fameuse qu’American Horror Story, on devrait être scotché, et ne pas se poser de questions du genre : ils n’ont jamais entendu parler de préservatif, au FBI ? A moins que les capotes ne servent à rien ? Et pourquoi la position du missionnaire a-t-elle disparu du cinéma contemporain ? C’est pour faire féministe ? Ou au contraire pour mieux exploiter un corps féminin en action ? Comment ça s’appelle, déjà, la position où la femme chevauche l’homme ?
A ce stade, j’ai demandé à l’ami Ternet, selon qui on dit la position de la cow girl en anglais, et d’Andromaque en français. Moralité, il n’y a pas que l’Atlantique qui nous sépare, un abîme culturel aussi.