La première saison de la série belge The best immigrant, distribué par notre cher service public, se situe entre 1984, Hunger games et la saison 1 de la série Culte (sur les coulisses de la création du Loft). Dans une époque pas futuriste, la Belgique flamande est devenue indépendante en virant à l'extrême droite et se lance dans une opération massive d'expulsion de toute personne non-flamande (un genre d'ICE). En parallèle, une émission de télé-réalité voit le jour : The best immigrant. Le but est de trouver quel immigré est le plus digne de gagner un titre de séjour.
Le traitement au premier degré de ce pitch prend à la gorge : le cynisme de ce fascisme décomplexé est à peine caricatural tant l'écriture est réaliste (qu'on pourrait croire sortie directement de nos médias). Par le jeu sans excès du casting, on y retrouve un peu la tension et le ton de la série La Fièvre. La réussite de la série c'est de ne pas vouloir aller plus loin beaucoup que ça, de persévérer dans son pitch sans détourner le regard, l'air de dire : jusqu'où tout cela peut aller.
Cinq épisodes d'une première saison (laissant un cliffhanger évident vers une deuxième saison) de bonne facture, qui évite certains pièges, malgré quelques lourdeurs d'écriture. Une politique fiction dystopique qui inquiète, dans un contexte politique mondial qui inquiète : le risque de la série, c'est de donner des mauvaises idées aux partis fascistes, capables de tout, au pouvoir.