• SAISON 5 (4/10)

[Critique du 28 mai 2026]

Cette cinquième saison marque le grand finale de la série qui se pense tellement subversive qu’elle a fini par en devenir sa propre parodie. La formule ne change pas : malgré un rythme totalement aux fraises, le but est d’enquiller les scènes graveleuses et crades, à mesure que le conflit Homelander/Butcher tend vers son affrontement définitif. Davantage encore lors de ces épisodes, les personnages apparaissent tous demeurés, laissant le sentiment de jouer leur propre caricature. Les situations sont ubuesques et l’humour régressif digne de Rogen est totalement lourdingue, comme la moindre réplique de Kimiko tournée vers le sexe. Le semblant de satire s’arrête aux poncifs actuels : réseaux sociaux, IA et Trump. Cette saison est également un carnaval d’easter eggs, à rendre jaloux Lord et Miller ; si certains sont réfléchis, on regrette que cela profite à cannibaliser l’œuvre qui ne parvient plus à vivre par elle-même. Pour un dernier assaut conclusif, la saison se perd en parlotte (l’épisode 5 se permet du remplissage ennuyeux) et ne fait jamais ressentir la dramaturgie de ses enjeux. Si la trame de figure divine qu’est devenue Homelander est amusante, elle est présentée sans finesse et s’accorde au traitement bordélique et fatigué d’une série qui n’a jamais vraiment réussi à dépasser son concept trash.

• SAISON 4 (5.5/10)

[Critique du 05 août 2024]

Quatrième saison de la série la plus Deadpoolesque du petit écran, que je continue à suivre simplement par curiosité envers la conclusion. Quelle autre raison ? Prime Video continue à capitaliser sur l'adaptation de comics, laissant les saisons succéder sans grande nouveauté. On y retrouve toujours cette satire des médias autour des super-héros de l'industrie cinématographique, partagée entre reflet de la société et éruptions de violence explicite, tendant toujours vers le festival de gore et dégoût. C'est complètement gratuit. Il n'y a pas forcément besoin d'être à jour sur le spin-off Gen V sorti l'an dernier ; on en croisera tout de même quelques personnages. Cette saison 4 semble être celle de l'introspection puisque tous les persos sont confrontés aux traumas de leur passé, ce qui alourdit sans mal le rythme. Karl Urban continue d'exagérer ses expression qui lui donnent un air idiot, tandis qu'Antony Starr poursuit son acting de psychopathe jouissif, Jessie T. Usher se révèle davantage et Karen Fukuhara est toujours aussi mignonne. L'arrivée de Jeffrey Dean Morgan au casting offre quelques bons moments, au milieu de ces huit épisodes avalés par habitude ; les scénaristes préférant se palucher sur leur prochaine scène choc à balancer au public.


• SAISON 3 (6.5/10)

[Critique du 28 juillet 2022]

Cette troisième saison de la série superhéroïque la plus subversive de ces dernières années a fait beaucoup de bruit pour ses excès trash. Et on a clairement l'impression que son objectif est de se surpasser pour tabler sur ces éléments irrévérencieux. Ayant basé son marketing là-dessus, les scènes en question en sont presque décevantes tant elles ont été survendues. Par exemple, l'épisode 6, avec le "Herogasm" est bien faiblard pour quiconque a vu les partouzes interminables de Sense8 et n'importe quel Scary Movie. C'est amusant quelques fois de voir les idées débridées qu'ont eues les scénaristes, mais ça reste totalement gratuit et finit par être contre-productif à l'instar des "fatality" d'un Mortal Kombat : on attend après juste pour se marrer, et l'histoire est bien éclipsée derrière.


Du coup, j'ai constamment eu l'impression de regarder un spin-off de Tonnerre Sous Les Tropiques avec toutes ces scènes absurdes et parodies de l'actualité et de la Pop Culture. Les épisodes se transforment ainsi en une collection de sketchs que l'intrigue tente de justifier. Ce ressenti est aussi dû à la surabondance de scènes par écrans interposés (live, trailer, plateau télé,...), rien de mieux pour nous sortir du show. De toute façon, ça devient de plus en plus compliqué de s'intéresser pleinement aux persos puisqu'ils semblent toujours jouer des caricatures, surtout les deux premiers tiers qui font très "backstages" de la vie de super-héro. On ne peut pas reprocher aux acteurs de ne pas s'investir. Ils sont tous excellents quand bien même les projecteurs reviennent souvent aux réactions de psychopathe d'Antony Starr. D'ailleurs, Jensen Ackles en est un bon complètement plus bourru. Et Karl Urban, égal à lui même, avec quelques expressions forcées, mais un accent excellent. Jack Quaid a l'occasion de s'imposer un peu plus, et Kimiko est ultra-chou dans sa façon de communiquer.

En soi, les axes scénaristiques sont plus contenus et mieux déroulés sur ces huit épisodes que par le passé. C'est l'occasion d'offrir à pratiquement chacun des personnages son propre développement, même s'il n'est pas toujours indispensable à l'histoire. Le plus intéressant, et teasé depuis deux saisons, est de voir Homelander craquer son image de héros de l'Amérique et basculer en mode full-dictateur. La saison tourne beaucoup autour en faisant une satire des médias et du citoyen américain, en mode Idiocracy. On apprécie également les deux affrontements face au Superman du show, très certainement inspirés des luttes contre Thanos dans les films des frères Russo. Les chorégraphies et effets spéciaux sont au niveau pour pleinement profiter. Dommage que la saison se termine en laissant un goût de remplissage de moments scabreux, plutôt que de s'atteler à une écriture dramaturgique fine qui semble faire, de nouveau, du surplace.


• SAISON 2 (6/10)

[Critique du 20 octobre 2020]

Outre le charisme de Antony Starr pour nous jouer un Homelander délicieusement psychopathe, et le revers bourru en la présence Karl Urban, qui devient, malheureusement, parfois sa propre parodie, cette 2ème saison n'offre pas grand chose de pertinent. C'est d'ailleurs plutôt une partie 2 de certains axes débutés en saison 1, à tel point qu'en coupant quelques séquences superflues et en évinçant des sous-intrigues anecdotiques, on pourrait avoir une saison convenable et cohérente, qui ne digresse pas tant par rapport aux comics. À vouloir se poser à contre-courant de la culture MCU, The Boys finit par se reposer sur ses scènes prétendument subversives (gore, sexe,...), et frôle bien souvent le nanar de par ses excès de zèle envers la bien-pensance. Heureusement, donc, qu'il y a plusieurs scènes funs, surprenantes, où chaque personnage quasiment a l'occasion de briller. Ainsi on retient le parcours spirituel de l'Homme Poisson, la folle échappée à travers la baleine, les sautes d'humeur de Stormfront, l'infiltration dans l'hôpital et dans Vought, l'audience au tribunal, et le très bon dernier épisode. Néanmoins, la série se contente d'une mise en scène banale ; les chorégraphies des combats sont même très gauches. Pour ce qui est des thèmes abordés, on reste dans la lignée de la critique médiatique et des super-héros qui sont des produits marketing et bien souvent au fond du gouffre humainement parlant. Cela dit, la série vire fortement vers un esprit Deadpool parodique, et l'intérêt majeur de la saison 3 tient surtout dans l'évolution de Homelander.


• SAISON 1 (7/10)

[Critique du 21 août 2019]

La série évènement de l'été pour Amazon avec ces super-héros bien loin de l'exemplarité du genre. On pense évidemment à Watchmen, surtout que la mise en scène est très soignée, ainsi qu'à Utopia pour cet ton décalé et absurde, tout en étant bien thrash. Effectivement, on est loin du déballage sexo-gore gratuit du comic, et passé le premier épisode, ça se calme relativement. Toutefois, cette ambivalence des personnages, avec deux camps qui s'affrontent pour leurs propres idéaux, et se gardant bien des critères manichéens, offre une belle dimension humaine et complexe à l'histoire. Qui plus est, Karl Urban et Anthony Starr, figures de proue de chacun des camps, sont géniaux et vivent totalement leurs personnages. Seul regret : avoir l'impression d'une demi-saison avec cet épisode 8 qui se termine de façon paresseuse sur un cliffhanger, sans pour autant avoir permis aux autres arcs du récit de trouver un début de conclusion. Une mouvance de plus en plus récurrente dans les séries qui ne font plus l'effort de se développer correctement sur une saison en comptant un peu trop sur les suivantes pour faire la continuité.

AntoineRA
6
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Créée

le 28 juil. 2022

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