Je dirai juste : Non, PAS Mad men.
The crazy ones est une série plutôt bien foutue, pas moche à regarder, mais pas non plus digne d’un intérêt fou. Bref, à première vue le genre de sitcom banale débitée à la chaine par les (grands ?) networks américains. CBS, qui diffuse la dernière saison de l’une de ses séries comiques phares cette année (HIMYM) met le paquet pour relancer la machinerie. Avec l’illustre David E. Kelley aux commandes, Robin Williams et Sarah Michelle Gellar en père-fille magnats de la pub, on ne s’attend pas forcément au chef d’œuvre comique de la décennie mais on en espère beaucoup. Surtout, si l’on ajoute les références systématiques à la très sérieuse et très géniale Mad men (durant le générique les buildings font écho à ceux de Mad men notamment, et puis ne parlons même pas du nom justement de la série !). Sauf que ! Sauf que le tout est très poussif et … rarement, mais alors rarement, drôle. Problème et non des moindres, car le comique semble bien le seul enjeu de cette série dénuée d’ambition en tout point. Détourner Mad men, pourquoi pas ? Mais là, sacrilège ! On décide de s’attaquer à l’une des scènes les plus fameuses de la série, celle du carrousel, durant laquelle Draper utilise des clichés de sa famille pour faire vendre son projet aux patrons de Kodak, scène sublime donc, pleine de mélancolie, renforcée par la demi-pénombre et la voix de Don Draper en arrière-fond. Qu’elle soit savamment détournée, caricaturée et ainsi donc drôle, d’accord. Mais voilà tout ce qu’elle n’est pas ici !
Par ailleurs, Sarah Michelle Gellar n’est pas mauvaise mais son compère, sur lequel repose tout le poids comique de l’intrigue jusqu’ici, devient très vite insupportable. Le talent de Kelley à créer des situations loufoques se retrouvent encore parfois ici (merci bien, il y a donc quelque chose à sauver), mais seulement par petites touches (notamment durant la scène de la pluie de café ou celle dans laquelle apparait pour la première fois Kelly Clarkson), mais les personnages restent somme toute banals en comparaison avec tous ceux qu’il a pu inventer, et le tout manque cruellement d’originalité et de créativité.