Cette inspiration de la vie de Billy Milligan ne lui fait pas honneur, en essayant d'appliquer les clichés hollywoodiens le moins subtilement possible à une histoire qui demande justement subtilité et recul.
En ressort une oeuvre qui frôle le honteux, avec des personnages tellement incompétents qu'ils en deviennent détestables : la psychologue est un bingo vivant de toutes les mauvaises pratiques à éviter lorsqu'on est dans la profession, et pour couronner le tout, elle ment sous serment en disant que son patient n'a jamais parlé d'abus sexuels.
Cette scène, ce mensonge, mériterait une critique à eux tous seuls: il décrédibilise tout le travail de la série qui tente de faire comprendre que les alters de Danny Sullivan, bien qu'ils ne sont pas lui, existent bel et bien en lui; il crée une tension complètement fausse qui, de toute façon, n'aurait jamais dû exister si les entretiens de Danny Sullivan avaient été filmés (c'est d'ailleurs ce qui s'est passé dans la vraie vie, pour M. MIlligan); ils vont à l'encontre du secret médical, car une praticienne révèle des éléments intimes de la vie de son patient, que ce dernier lui a raconté dans le cadre d'une consultation; bref, c'est une scène qui n'a rien à faire dans la série, et qui ponctue la performance magistrale d'un des personnages les plus mal écrits du monde du cinéma. Il est judicieux de noter qu'on s'intéresse à sa vie privée sans aucune raison et de façon ultra superficielle, qu'elle a traumatisé son patient et a ruiné des semaines de progression sous un prétexte absolument bidon en lui montrant des enregistrements qui le mettent face à ses contradictions (contradictions érigées pour sa santé mentale), bref, qu'elle est absolument incompétente.
Et c'est dommage, parce que les performances de Tom Holland (Danny Sullivan) et Amanda Seyfried (la psy) sont plutôt bonnes. Mais ça ne suffit pas à relever le niveau d'un script horriblement mauvais.