"J'avais une ferme en Afrique", tout ça, Robert Redford, la musique entêtante du film... c'était tentant d'aller voir de l'autre côté du voile de quelle tête était sortie ce succès mondial dont nos mères disaient le plus grand bien. D'ailleurs, quand j'ai revu le film, il n'y a pas très longtemps, ça a été mon tour de succomber à la saga larmoyante et ambitieuse, si bien ficelée. J'étais prête à faire la connaissance de la vraie Karen Blixen, comtesse danoise éjectée d'Afrique par les crises politiques et économiques. Un vrai destin romanesque, pas vrai ? Eh bien cette série parvient à tirer toutes ses cartouches d'un coup et à ennuyer ferme pendant les 5 derniers épisodes (sur 6 !), il fallait quand même le faire. Même en tirant le meilleur parti des lumières nordiques et du mobilier d'époque, des costumes seyants et des mésaventures de l'héroïne, qui se rêve en femme totale, fatale et exemplaire, se jouant du destin de chevaliers servants réduits en esclavage par ses atouts fabuleux. Bon, ce manque de simplicité aurait pu donner lieu à des épisodes tragi-comiques de bon aloi, mais les scénaristes ont fait le choix de plomber la réalité par des incursions lourdingues dans l'univers onirique de cette aventurière pleine d'ambition, voire de morgue, en insérant entre chaque événement important des digressions façon 1001 nuits complètement ratées, sur les traces d'une très mal nommée Olala (en français, ça tombe comme une bouse sur le gazon), qui rend fous d'amour des archétypes de bonshommes éculés. Et quand on revient dans la réalité, on se frappe les crises de mégalomanie d'une égoïste revêche devant laquelle finissent par plier plus raisonnables qu'elle. Pénible. Si les destins extraordinaires se forgent dans le nombrilisme et les enfantillages, autant ne rien savoir sur la vie des auteurs célébrés mondialement. Enfin, moi, j'aurais préféré rester dans l'ignorance dans ce cas précis.