Cette série m'a bien retourné les neurones. La faute à cette subtile alchimie propre aux meilleures productions télévisuelles sans doute: rien n'est à jeter, tout est fait pour vous instiller un mélange de fascination - répulsion diablement efficace.
Il se dégage en effet au fil des épisodes un parfum de crasse et de froideur assez indéfinissable, renforcé autant par le lieu que par les personnages.
Concrètement, on suit une traque de tueur en série dans un cadre Irlandais très inhabituel, mais surtout avec une violence sourde; montrée brute de décoffrage.
Le contraste est volontairement accentué avec la mise en avant de personnages très travaillés et montrés à l'écran avec autant de pudeur que d'authenticité. Aussi bien les premiers que les seconds rôles.
Des seconds rôles développés en plus sans volonté aucune d'épargner les thèmes grinçants: relation mineure - majeur perverse, sadisme, cruauté, manipulation, tout y passe.
Stella, le personnage de Gillian Anderson et personnage principal; est d'ailleurs plutôt subversif.
Croqueuse de chair, elle n'a pas peur de ses appétits sexuels et se comporte également en parfait chef de meute.
Tranquille dans la tourmente par obligation.
Son flegme monolithique impressionne, mais tranche surtout littéralement avec l'inoubliable côté monomaniaque de la Dana Scully des débuts; (impossible de passer à côté) tout en accentuant l'accent de violence froide tinté de sadisme de Paul Spector. (Interprété par Jamie Dornan)
Brillant, quoi.
Et puis il y a cette fabuleuse ambiance. La poisse nauséabonde qui s'installe pour ne plus vous lâcher, avec toujours cet espoir de revoir certains personnages vivants... Et de véritables surprises scénaristiques.
Classe.
Regardez cette série de toute urgence, c'est une perle.