On commence sur l’effet ‘putain ça claque’, parce que, ouais, putain, ça claque. Chaque plan, chaque décors, chaque cadrage, chaque mouvement, chaque couleur, est une leçon de style, un clip à la gloire d’un Bronx fantasmé ou la misère n’est pas si pire et où tout est prétexte à produire du beau. La misère et les méchants gangers ont étés rhabillés façon haute couture pour bobo midle class, méchants mais pas vulgaires, agressif mais pas violent, faudrait pas faire peur, il faut que ça groove, que ça pulse, que ça bouge, sans enjeux, c'est une danse. C’est bordélique, joyeux, ça fourmille, ça bondit on est en pleine comédie musicale appuyée sur des grosses références, Steevie wonder, Donna Summer, Bonney M, the Emotion, The Trammps, Kool and the gang, James brown, The Jackson 5. Tout est prétexte à enchevêtrer des références aux comics, kung fu, au tag, à la street culture et dégréner çà et là les noms des DJ ayant lancé ce qui deviendra le hip hop. Poser des clins d’œil appuyés, Grandmaster en train de bricoler les premiers cross fadders, Bambaataa regroupant les artistes autour de lui..
Je me retrouve à laisser filer les épisodes, sans me rendre compte à quel point l’intrigue romantique est nulle, pathétique, sans enjeux, que la chanson de Mylene est une sacrée nullité comme il y en a eu beaucoup et que n’importe qu’elle autre actrice aurait sans doute fait mieux en doublage de chant, et pas que. A enchaîner les scènes conventionnelles du "je t’aime mois non plus" dégoulinant d’une sincérité répugnante, mais élargissant un peu plus le râteau à fric que doit être cette série.
Sans me rendre compte que je suivais une intrigue inintéressante mais qui devait servir de prétexte. Sans me rendre compte que les minables petits états d’âmes d’Ezekiel, tiraillé entre son envie de sortir du Bronx puisque c’est un gentil garçon et d’y rester pour participer à ce qui est en train de se créer nous emmerdent et nous font perdre notre temps puisque ceux qu’on veut voir sont les personnages secondaires, Grandmaster Flash, Bambaataa, Kool Herk, et Shaolin Fantastic. Tout ce pathos, gonflant et lourdingue qui permet pourtant de mettre en valeur des séquences monumentales, musicales, d’amener le phrasé lourd sur les beats ronds et vintage, les frissons qui apparaissent quand putain, ils nous lâchent un mix vinyle sur un flow carré, ordonné, énorme, et nous donner envie, là maintenant de foncer dans le premier festoche du coin mettre la tête dans une enceinte. De ressortir les platines du carton et de se rendre ridicule en ayant l'impression d'être un instant dans cette fête, dans ce Get Down.


The Get Down – C’est un Grease défoncés au stéroids comme un russe au J.O, ré-écrit par Aaron Shorkin, produit par Disney et sonorisé par Grandmaster Flash et ses potes. C’est 6 épisodes de 18 millions d’euros ultra-calibré, à ce prix-là, on ne peut pas se planter.

ultr4
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Le 22 août 2016

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The Get Down
FuckCinephiles
8
The Get Down

Critique de The Get Down par FuckCinephiles

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Suvann
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ultr4
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