Saison 1
Je m'attendais à une série façon Bridgerton, beaux costumes et badinerie légère à la cour de Russie. Côté costumes et décors, j'ai eu raison, mais côté ambiance, c'est surtout de la stratégie et beaucoup de violence. Catherine, jeune Allemande naïve, francophile et amoureuse des idées des Lumières (Diderot, Voltaire), débarque à la cour pleine d'espoir de répandre le savoir, mais son mari Pierre la traite d'emblée comme une simple marchandise, la déflorant en pleine conversation avec un noble le soir de leurs noces.
Elle Fanning incarne parfaitement cette candeur qui évolue peu à peu sans jamais totalement disparaître, tandis que Nicolas Hoult est excellent en empereur idiot, violent et imprévisible, capable de t'adorer un jour et de te décapiter le lendemain. La cour est impitoyable, sanglante et décadente, entre orgies fréquentes et cerveaux ramollis par la consanguinité, avec un côté parfois grotesque, comme des enfants dans des corps d'adultes.
Catherine rêve d'écoles pour femmes, de bibliothèques et d'imprimeries accessibles à tous, des projets vite étouffés dans l'œuf par son despote de mari. Seul Orlov, un rat de bibliothèque comme elle, semble s'y intéresser, sans avoir le courage d'agir. Ton absurde, cru et parodique, mais qui reste ancré dans une vraie noirceur historique et politique, prenant de bout en bout.
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Saison 2
Catherine attend un héritier pour le trône de Russie tout en manœuvrant pour pousser Pierre III à abdiquer. Elle a beau l'avoir isolé dans ses quartiers, ses tentatives d'assassinat échouent toutes : entre les sosies de Pierre, une véritable armée payée pour finir sous une lame, et ses propres sentiments contradictoires, son bras tremble toujours au mauvais moment. Difficile de comprendre comment elle peut encore l'aimer, alors qu'elle a fait tuer son amant Léo pour obtenir la couronne et qu'il a brisé leur pacte sans rien lui donner en retour. Étonnamment, Pierre se montre assez doux envers l'enfant à naître.
Entourée de Mariale, d'Orlov, du général Velementov et de Tante Elizabeth, Catherine bénéficie de bons conseils, mais chacun a ses limites et ses loyautés. Le résultat est un joyeux bordel de complots qui se superposent, se font et se défont, intelligemment construit et vraiment prenant. Pierre, stupide mais fourbe et retors, reste un adversaire imprévisible, hanté par le fantôme de son père Pierre le Grand.
Gros bémol cependant : cette saison abuse des scènes de sexe, de la violence et d'un vocabulaire de taverne. Certes les orgies étaient une réalité historique, mais là c'est du trop-plein, clairement pour l'audimat, et ça finit par étouffer le propos. La saison 1 dosait bien mieux histoire, parodie et complots.
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