Je vais être un peu sévère sur cette critique. A dire vrai, j’ai longtemps hésité à la note que j’allais mettre, et ça dépend clairement d’un certain contexte : doit-on considérer The Haunting of Bly Manor comme une série à part entière (et auquel cas, elle est assez divertissante pour mériter un honnête 7/10), ou bien comme la saison 2 de The Haunting (et auquel cas elle mérite un petit 4). J’ai tranché au milieu, j’ai arrondi à 5 un peu sévère. Peut mieux faire.
Sévère, oui, car pourtant elle a des qualités : des décors magnifiques, assez bien mis en valeur par l’équipe technique chargée des lumières. Un suspense qui va crescendo pendant les 3 premiers quarts de la série. Mais pour le reste, elle souffre de la comparaison avec sa grande sœur The Huanting of Hill House. J’ai eu beau essayer d’en faire abstraction, impossible de ne pas comparer les deux.
Scénario : moins bon. Sans trop spoiler, l’histoire du pourquoi du comment de la présence de fantômes fait l’objet d’un épisode entier, et on en ressort en se disant « mouais… ». Objectivement, l’histoire entière des personnages que l’on suit dans toute la saison se résume à « pas de bol les mecs, wrong time, wrong place ».
Personnages : chiants et caricaturaux. Les scénaristes ont vaguement essayé de leur coller un background censé expliquer une partie de leur façon d’être et de leur comportement, mais c’est plus qu’anecdotique. Le personnage principal est fade. L’antagoniste principal est fade. Les enfants qui sont censés être creepy sont fades. Le seul personnage un peu attachant (Owen le cuisinier) est secondaire (et on n’a même pas de peine pour lui quand sa mère meurt). Les acteurs sont bons, attention, je dis pas le contraire : ils font du mieux qu’ils peuvent, avec le peu de profondeur de leurs personnages, et c’est déjà pas si mal.
Ambiance, mise en scène, suspens : je peux pas dire que c’est mauvais. C’est standard, c’est ce à quoi on s’attend pour une série du début des années 2020, c’est calibré Netflix. Ca manque d’originalité.
En résumé :
Là où Hill House installait une ambiance pesante, Bly Manor fait le minimum.
Là où Hill House avait des idées de mise en scène (je pense à l’épisode dans le funérarium), Bly Manor fait le minimum.
Là où Hill House faisait monter la tension crescendo, Bly Manor fait le minimum.
Là où Hill House rendait ses personnages vivants, Bly Manor en fait de simples protagonistes interchangeables.
Là où Hill House liait toutes les intrigues secondaires pour en faire un tout, Bly Manor en ajoute artificiellement et inutilement (et en fait le minimum).
Là où Hill House était plus une histoire de relations humaines, familiales, Bly Manor fait une simple histoire de fantômes assez banale (et donc, le minimum).
Hill House avait posé le niveau. Bly Manor, sans être une mauvaise série, n’a pas réussi à l’égaler. Je ne suis même pas sur que le showrunner ait au moins essayé…