Saison 1
Qui est le mieux placé pour adapter un jeu vidéo que son auteur lui-même ? D’autant quand ledit jeu est juste un bijou, tant au niveau scénario qu’au niveau graphisme.
La différence entre HBO et Netflix apparaît ici : que faire de cette histoire post-apocalyptique d’un homme et d’une gamine obligés de survivre ? Cela aurait pu donner une série rythmée par des scènes de poursuites entre humains et infectés (oui, car ici, ce ne sont pas des zombis mais des infectés par un champignon mortel), avec gore et violence à gogo. Je ne vais pas dire qu’il n’y a pas ce genre de scènes, mais sur 9 épisodes, si l’on a 20 minutes de cet acabit, c’est à peu près tout.
Parce que l’histoire est plus complexe que ce que j’ai bien voulu en dire. On s’aperçoit que ce ne sont pas forcément les infectés le plus gros danger pour nos deux héros. Les gangs humains, qui ne cherchent rien d’autre que prendre le pouvoir vu que tout s’est effondré, sont généralement constitués de personnes qui ne veulent qu’une chose, éliminer tout ce qui n’appartient pas à son clan.
On a affaire à une série fantastique, oui, mais très mélodramatique, avec beaucoup de passages qui arrachent le coeur, car le récit prend le temps de bien définir ses personnages. Et le fait que Neil Bruckman, le créateur du jeu, soit aux commandes permet parfois de digresser du jeu, tout en gardant la trame principale (allant jusqu’à calquer des scènes iconiques et reprendre des dialogues). Mais ces digressions sont toutes pertinentes et donne une vraie structure à des personnages qui étaient secondaires dans le jeu et ont droit à des passages très appuyés. C’est beau, triste. Ceux qui s’attendent à un univers proche des films de zombis vont être déçus, car on a un drame existentiel qui nous interroge sur le deuil, la volonté de vivre à tout prix, la culpabilité, la place de la religion en cas de drame, l’amour impossible.
Une très grande série.
Saison 2
La suite en jeu est très touffue et dense, mélangeant diverses histoires. Et cette saison 2 prend une partie seulement du jeu, laissant une perspective évidente de suite basée sur cela.
Plus sombre, le show prend le parti de ce qui n’est pas une surprise pour qui a passé des heures devant la console, mais va ébranler le spectateur, à savoir renverser les valeurs, et nous montrer que tout n’est pas blanc, tout n’est pas noir, tant on a des personnes qui ne cherchent qu’à survivre au détriment parfois de la raison. Et en composant avec les infectés qui eux aussi ont leur mode de fonctionnement.
L’image est toujours aussi belle, et les acteurs toujours aussi convaincants.