Aimé par quelqu'un qui n'aime pas le jeu, une prouesse!
Je ne m'attendais pas à une telle surprise en découvrant l'adaptation de The Last of Us.
Ayant eu beaucoup de réserves sur le jeu, notamment à cause de son scénario que je n'avais pas apprécié, cette série télévisée m'a étonné par la qualité de son exécution, ce qui en soi est un véritable miracle.
L'un des aspects qui m'avait laissé de marbre dans le jeu était l'intrigue. Trop linéaire, trop prévisible à mon goût, elle ne m'avait jamais permis de me connecter véritablement aux personnages. Le potentiel émotionnel était là, mais mal exploité. Pourtant, la série a su transformer ces mêmes éléments en quelque chose de beaucoup plus captivant, avec une profondeur que je ne pensais pas possible.
Le jeu d'acteur est certainement l'un des points les plus marquants. Les interprétations de Pedro Pascal et Bella Ramsey apportent une humanité sincère à Joel et Ellie, des personnages que j'avais du mal à apprécier dans leur version vidéoludique. Ils leur donnent une dimension nouvelle, plus nuancée, et surtout plus touchante. L'alchimie entre les deux protagonistes se développe de manière plus subtile et progressive, ce qui m'a permis de ressentir leur lien émotionnel de manière beaucoup plus forte que dans le jeu.
L'adaptation a également su prendre des libertés intelligentes vis-à-vis de son matériau d'origine. Plutôt que de suivre à la lettre la structure du jeu, la série a introduit des éléments narratifs qui enrichissent le contexte et étoffent les personnages secondaires, leur donnant des arcs narratifs plus étoffés. J'ai particulièrement apprécié la manière dont certaines scènes, qui semblaient anecdotiques dans le jeu, sont devenues de véritables moments poignants à l'écran. Cela montre un véritable souci de rendre l’histoire plus cohérente et émotive.
Visuellement, la série est magnifique. L'univers post-apocalyptique est recréé avec soin, avec des décors saisissants et une atmosphère pesante, mais jamais oppressante. On retrouve la sensation de désolation du jeu, mais elle est magnifiée par des choix de mise en scène qui permettent de ressentir l'ampleur de cette société brisée sans pour autant tomber dans le sensationnalisme. L'utilisation des infectés, notamment, est beaucoup plus subtile et dosée. Là où le jeu en faisait parfois trop avec des séquences d’action répétitives, la série préfère se concentrer sur la tension psychologique et les dilemmes moraux.
Cependant, le plus grand mérite de cette adaptation reste sa capacité à donner un souffle nouveau à une histoire que je trouvais initialement trop banale. Le traitement de la relation humaine est plus soigné, et la mise en scène rend justice aux émotions que le jeu n’avait pas su me transmettre. On est dans un récit plus lent, mais aussi plus réfléchi, où chaque geste, chaque silence prend du poids.
En conclusion, cette première saison de The Last of Us en série m’a agréablement surpris, réussissant là où le jeu m'avait déçu. En transformant un scénario que je trouvais trop faible en une exploration profonde des relations humaines dans un monde brisé, cette adaptation prouve qu'avec la bonne approche, même une histoire qui ne m’avait pas captivé initialement peut devenir quelque chose de vraiment exceptionnel.
MAIS... Voilà que la saison 2 est disponible et je suis resté sur le carreau.
Je n'irai pas jusqu'à détruire entièrement le travail qui a été fait, mais ils m'auront perdu à ce moment là...
Là où la première avait réussi à me surprendre, j’ai senti ici un vrai essoufflement. Le rythme se calme drastiquement, parfois à l’excès, et les cliffhangers m’ont souvent paru un peu faciles, presque artificiels. Bien sûr, l’histoire du deuxième opus est tellement connue que je savais exactement où la série allait m’emmener. Ma copine, elle, n’y connaissait rien, et j’ai pu voir à quel point la fameuse bascule au cœur du récit pouvait choquer quand on la découvre sans filtre.
De ce point de vue-là, l’effet fonctionne encore. Mais émotionnellement, chez moi, ça n’a pas pris de la même manière.
J’ai surtout eu beaucoup de mal avec le personnage mis en avant à ce moment-là du récit. Il est volontairement désagréable, parfois même franchement puéril, et si l’interprétation reste irréprochable, je n’ai jamais réussi à m’y attacher. Le problème, c’est aussi ce qui l’entoure. Des personnages secondaires assez fades, dont je me suis rendu compte que je me moquais un peu, et une obsession pour la poursuite du cercle de la haine qui m’a semblé traitée de façon étonnamment enfantine, presque simpliste, là où j’attendais quelque chose de plus nuancé, de plus mature.
Résultat, le souffle est clairement retombé.
J’attendais cette saison 2 avec beaucoup d’impatience, et je me suis retrouvé à regarder les derniers épisodes avec une distance assez froide. La conclusion n’a rien arrangé. Pas de véritable cliffhanger, pas ce sentiment de curiosité ou de manque qui donne envie de se projeter. On nous laisse avec une héroïne potentiellement morte ou grièvement blessée, face à un personnage qui cultive tranquillement son potager dans un stade de foot, et j’ai surtout ressenti une forme d’étrangeté un peu creuse. Là où la série m’avait happé en saison 1, elle m’a laissé cette fois-ci assez extérieur, presque indifférent, au point où, chose que je n’aurais jamais imaginée auparavant, je n’attends finalement pas vraiment la suite de The Last of Us.
Dommage car le travail reste d'une grande qualité et les deux premiers acteurs principaux étaient géniaux dans leurs rôles!