"Hummm..." ou "Une bondieuserie bien foutue"
Je sens d’ors et déjà que cette critique et cette note vont sans doute évoluer au fil de la série. Mais je ne peux m'empêcher de ressentir le besoin de poser mon avis après cette première saison sur le "papier", ne serait-ce que pour mettre mes idées en place.
Surtout que, un peu comme moi, The Leftovers est un paradoxe ambulant. La série semble choisir le pire axe pour traiter un tel sujet, du moins au premier abord pour un fan de S.F. et de fantastique comme moi. Bon, inutile de le préciser, mieux vaut avoir vu cette première saison pour lire la suite.
The Leftovers décide donc de nous parler uniquement des gens qui sont resté, et de comment ils vivent la disparition inexpliquée de leurs proches. Mais en fait, plus que leur disparition, c'est ce sentiment d'abandon, et donc cette comparaison évidente avec "The Rapture" ("Ravissement"), terme biblique qui désigne un moment où Dieu choisit les humains qu'il rappelle à ses côtés, et délaisse les autres, qui est ici traité.
Et du coup, on se trouve quand même de base avec un sujet bien plan-plan ricain cul-cul. Sauf que c'est une production HBO. Donc en gros on renverse le truc en distillant constamment l'idée sous-jacente que si c'est vraiment ça qui se passe, bah Dieu est quand même un sacré connard moraliste à deux sous.
On peut clairement dire que le futur de cette série va dépendre de sa capacité à intriguer quant à la raison de l'évènement, et que si elle reste trop dans cette dialectique sans apporter du neuf côté scénario, elle risque fort de se casser la gueule. Mais bon, le délire avec les chiens laisse bien présager d'un avancement de ce côté pour la prochaine saison. Du moins j'espère.
En ce qui concerne les acteurs, je dirais plus que le casting a été bien réalisé plutôt que les acteurs sont bons en eux-même. Donc en gros, on a des mecs qui font le taf pour le rôle qu'on leur a donné. Pas grand chose à dire de plus là-dessus.
Niveau réal, c'est surtout ce choix de lenteur et de durée des plans qui sort du lot, plus que sa photo honnête et travaillée, mais somme toute assez classique. De toute façon, le fort de la série reste clairement son écriture et les situations qu'elle arrive à tirer de son univers. Et puis surtout SON AMBIANCE TEEELLEMENT SPEEE ! ! !
Enfin, un dernier détail me chiffonne un peu. Si la musique est remarquable, notamment le thème principal et ses variations, son utilisation tire-larme omniprésente peut parfois un peu sortir du truc. En effet, elle a tendance à tellement facilement renforcer les émotions d'une scène que, si ça marche plutôt excellemment bien sur certaines d'entre elles, cela peut parfois un peu sembler forcer le trait sur un moment pas si émouvant que ça, ou un dialogue pas aussi prenant ou poignant qu'il ne se voudrait...
Mais bon, dans l'ensemble, ça reste une série plutôt intrigante, dont le manque relatif de rythme inhérent à l'axe de traitement du sujet choisit est assez bien comblé par la présence de scènes lourdes de sens et de conséquences. Et puis pour l'instant la série ne tombe pas trop dans les travers habituels de HBO, à savoir finir par parfois faire du cul pour le cul et du trash pour le trash, sans réel sens (qui a dit "la fin de True Blood" ?).