Le scénario de cette série en trois parties est foisonnant et minutieux. Tout n’est pas limpide dans le récit, loin de là. Cela relève davantage de la complexité psychologique que du bluff intellectuel. Cette complexité psychologique c’est le deuil, les épreuves et les rapports humains que chaque personnage de la série traverse. L’écriture et la mise en scène sont subtiles dans The Leftovers. On ressent véritablement les sentiments et les perceptions qui peuvent traverser Kevin, Nora, Matt, Laurie et tous les autres aussi. Ce qui les unit et les différencie se trouve dans le manque, la perte, le deuil.
Le créateur Damon Lindelof embarque dans sa folie à travers un concept de récit certes chimérique mais révélateur aussi de nos propres émotions. Son travail d’écriture et de réalisation est minutieux. On peut trouver un sens à toute image, tout silence, mot, regard, rebondissement ou omission. La démence de The Leftovers nourrit notre perplexité autant que son sens du détail prolonge notre pensée.
La prouesse de cette œuvre est aussi esthétique. Il y a l’éclat de ses interprètes, une pléiade de performances d’acteurs et actrices incroyables. Justin Theroux, Carrie Coon et Christopher Eccleston, entre autres, sont sublimes. Il y aussi la force du montage, visuel comme sonore, et de la mise en scène (bien que tous les choix, musicaux et stylistiques, ne soient pas forcément convaincants). The Leftovers a quelque chose de beau et fascinant.
Enfin, The Leftovers s’avère aussi, et surtout peut-être, une magnifique histoire d’amour...empêchée.