The Leftovers : une juste représentation du deuil

Critique de la première saison :
Voilà une des séries les plus étranges, les plus "à part" qu'il m'ait été donné de regarder.
Là où The Leftovers trouve son originalité, c'est dans sa façon de raconter son histoire.
Le pitch est simple : 2 % de la population ont disparu de la surface de la Terre. La série se centre sur ceux qui restent, ceux qui souffrent de la perte de leurs proches. Un drame psychologique qui suit la vie des habitants de Mapleton, mais cette vie pourrait être la nôtre, dans un cas similaire : la vie de gens du commun qui doivent réapprendre à exister.
Un pari intéressant mais ô combien risqué pour Damon Lindelof (LOST) ou Tom Perrotta (auteur du roman ayant inspiré la série). Car il s'agit là d'une œuvre sans action, sans rebondissements ou autres cliffhangers. Il est simplement question de la représentation de personnages qui se cherchent, s'interrogent, se perdent. Et pourtant, la série captive, fascine ; elle nous parle littéralement, car elle évoque des thèmes peu présents dans la télévision d'aujourd'hui, et qui nous touchent particulièrement : la douleur, le deuil et la vie également.
Ainsi, le meurtri Justin Theroux, la troublante Ann Dowd et la touchante Carrie Coon (qui nous offre par ailleurs un superbe sixième épisode) se donnent la réplique et font montre de l'étendue de leur talent afin de nous imprégner de la douleur de leurs personnages. La force de la série réside véritablement dans sa puissance émotionnelle.
Le tout est sublimé par une bande originale magnifiquement bouleversante composée par le grand Max Richter ; des thèmes récurrents joués aux moments les plus justes, piano et violon s'alliant pour faire sortir nos émotions de leur tanière. Peu de compositeurs sont en réalité capables de jouer sur ce tableau-là, et Richter maîtrise son art à la perfection.
Il n'y a pas que du tout bon dans cette série, loin de là ; elle ne manque pas de maladresses, certains personnages pouvant agacer et les épisodes pouvant parfois sembler longs, ennuyeux, sans intérêt. Il faut s'accrocher et surtout, comprendre que le véritable but de The Leftovers est d'éveiller de profonds sentiments chez le spectateur, lui faire prendre conscience de toute l'émotion qu'il est capable d'exprimer. Tous n'y trouveront pas leur compte, mais dans tous les cas, on ne peut rester insensible devant cette série.

TomWard
8
Écrit par

Créée

le 7 juin 2016

Critique lue 344 fois

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