La conception de l'horreur chez King est kitsch dans la forme, grand guignol (un clown tueur, non mais allo quoi, oui oui John Wayne Gacy d'accord mais y dit qu'y voit pas le rapport...), et maladroite dans l'intention parce que King est pas exactement du genre subtil en matière de psychologie, lui son truc c'est le bien le mal la communauté les bons sentiments tout ça.
The Outsider propose une compilation de tout les clichés, tropes tics et autre facilités d'écriture de King, tout absolument tout y est: le croque mitaine; la menace protéiforme; le héros, un dur au grand coeur, endeuillé par la perte d'un enfant; le personnage vulnérable (l'insider, pour le coup) qui, possédé par le méchant, trahira les gentils. Bref, un mix de l'Homme noir/Randall Flagg et de Ca.
Le problème c'est que qd on est familier de l'écriture de King, tout cela sent méchamment le réchauffé, voire le kitsch. Ou la paresse. Bouquin sorti en 2018 quand même, alors que ça et Le fléau... bref, ça ne nous rajeunit pas.
Très sincèrement je suis la série avec un intérêt tout particulier: je suis fasciné par la sénilité de l'écriture de King qui fait les fonds de tiroirs de ses bouquins passés, je m'amuse donc bien à suivre Holly Gibney et à la voir découvrir la terrible vérité mystérieuse du mystère très mystérieux sur... Google. Oui oui y'a un moment où un personnage lui dit "ha mais c'est machin votre truc", du coup elle va taper "machin" dans Google image et là patatra, le scénario lui saute au visage sous la forme d'image qui font très peur, notamment le tableau de Goya là vous voyez? Celui qu'ya dans tout les films d'horreur qui ne savent pas quoi raconter.
En même temps la série met agréablement un scène une opposition classique: le rationnel vs le fantastique, et alors que ce genre de conte pour adulte un peu neuneu s'étale en général dans des films d'1h40 où ce moment fait plus office de fonction et d'étape dans le récit, ici la série a plus de temps à lui consacrer de manière à en faire un des piliers de l'argument principal de la série: l'atmosphère. Elle fonctionne plutôt bien, sans quoi je n'en serai pas à l'épisode 6. Elle est dense, l'atmosphère, l'esthétique visuelle et sonore tient bien la route.
La série est donc belle, graphiquement il y a un effort intéressant; l'intrigue fait bien son boulot: elle intrigue.
C'est un divertissement honnête même si un peu concon.
Mais à la fin des fins le "propos" de King, on le sait bien,sera paresseusement résolu: Pourquoi? Parce que! le bien le mal tout ça...