Si The Outsider était une créature, ce serait un croisement entre un inspecteur de police insomniaque, un démon en hoodie et un épisode de Faites entrer l’accusé version paranormal.
Le pitch ? Un garçon est sauvagement assassiné. Les preuves sont accablantes. Sauf que le suspect… était à deux endroits à la fois. Et là, tu sens que le polar classique vient de se faire hacker par Stephen King et un esprit malveillant qui adore semer la confusion et les pulls déprimants.
Visuellement, c’est du HBO pur jus : plans léchés, tons froids, silences pesants, on sent que la série veut qu’on sente la moquette humide d’angoisse à chaque scène.
Ben Mendelsohn incarne un flic en pilotage automatique post-traumatique, qui enquête en fronçant les sourcils comme si ça pouvait faire fuir le mal.
Et Holly Gibney, détective surdouée et ultra cheloue, arrive comme un bug dans la Matrice, mi-génie, mi-Oracle sous médocs.
Le gros avantage de The Outsider, c’est son atmosphère poisseuse et sa tension maîtrisée.
On est plongé dans un univers où rien n’est jamais net, tout est lent, déprimant, et légèrement surnaturel, comme une gueule de bois qu’on n’a pas méritée.
Mais le souci, c’est que la série tire sur la corde du mystère jusqu’à ce que ça devienne du tricot.
– Les épisodes s’étirent.
– Les dialogues tournent en rond.
– Et quand le surnaturel débarque vraiment, ça hésite entre l’assumer ou l’expliquer avec une voix-off en latin.
On finit par se demander : est-ce un thriller métaphysique sur la culpabilité et le deuil, ou juste une chasse à un croque-mitaine métamorphe mal luné ?
Réponse : un peu des deux. Mais pas toujours avec la clarté ou l’élan qu’on aurait espéré.
Au final, The Outsider c’est une série qui commence fort, fascine, dérange, puis s’essouffle doucement dans ses propres ténèbres.
Un polar qui a voulu flirter avec l’horreur… mais qui aurait peut-être dû appeler un exorciste scénaristique avant l’épisode 7.