Pas besoin de connaître Batman, Gotham ou le Pingouin pour entrer dans The Penguin. Et c’est sans doute ce qui fait la force de la série : elle se regarde avant tout comme un drame mafieux sombre et ambitieux, ancré dans une grande ville rongée par la corruption et la violence.
La série suit l’ascension d’Oswald Cobblepot, petit gangster rusé et profondément immoral, prêt à tout pour grimper dans la hiérarchie criminelle. Le personnage est détestable, manipulateur, cynique… et pourtant fascinant. Il embobine ses alliés, ses ennemis et le spectateur avec un talent glaçant. Colin Farrell est clairement impressionnant, méconnaissable et habité. Face à lui, Cristin Milioti en Sofia Falcone est une rivale remarquable : figure gothique, sensible et déterminée, animée par une soif de justice qui contraste violemment avec l’amoralité de Cobblepot.
Le rythme est volontairement lent, parfois un peu étiré, mais il sert une atmosphère lourde faite de complots de trahisons et de luttes de pouvoir.
Visuellement, la série déploie une ville sombre et crasseuse avec une photographie très soignée et une bande-son mêlant jazz et sons plus contemporains toujours très à propos.
Quelques faiblesses de réalisation apparaissent par moments mais restent très marginales au regard de la qualité globale.
Au-delà de l’intrigue criminelle, The Penguin creuse une vraie profondeur psychologique et sociale : pauvreté, drogue, violence, famille, loyauté, domination de classes. Les personnages ne sont jamais simplement manichéens, chacun étant façonné par son passé et ses choix.
Accessible, mature, cynique, The Penguin fonctionne pleinement comme une série de gangsters autonome, tout en enrichissant l’univers dont elle est issue.
Une œuvre sombre, captivante et une très belle surprise.