J'ai aimé le minimalisme du lieu et la presque absence de musique, ainsi que certains détails de mise en scène.
Le reste, c'est tjs la même chose : des Américains qui te disent comment être une bonne personne, avec un vide absolu très libéral qui n'apporte aucune réflexion.
C’est l’enchaînement de préoccupations molles d'Occidentaux dans un concept de garde d’une journée, qui dessert encore + le dispositif. L’hôpital comme "égout de la société libérale" mais il est dilué par une écriture qui se contente de refléter sans jamais bousculer. Un show qui aborderait ces thèmes avec une approche moins "réconfortante" aurait peut-être plus de potentiel, au lieu d'être un cahier des charges du parfait Soc-Dem.
Concernant les relations interpersonnelles, je sauve les deux infirmières asiatiques qui échangent entre elles, et c'est tout. Les écritures des étudiants est catastrophique, ceux des autres sont du réchauffé progressiste même pas désagréable.
C'est un show qui ne m'a pas énervé, juste fait m'endormir devant, mais alors que c'est tièdasse.
A mettre dans les shows pour que je comate devant, je regarderais peut-être la saison 2 mais en connaissance de cause.
Gros mouais (vu 14 épisodes, j'attends le 15e).
J'y pense.
"This Is Going to Hurt", c’était l’anti-"The Pitt", le dernier bon drama medical avec un propos, que j'ai vu.
Une série qui n’enrobe rien, qui te balance la violence du système comme elle est — sale, répétitive, grisâtre. On y voit le temps long : pas celui des grands récits ou des destins glorieux, mais celui de l’épuisement, de la désagrégation, de l’humiliation institutionnelle, de la solitude dans un système qui écrase tout.
"The Pitt", c’est le symptôme d’un storytelling épuisé, coincé dans l’instantané, l’émotionnel, l’"événement" et l'héroïsme.
Pas de temps pour la lente corrosion des corps et des subjectivités, pas de place pour les micro-renoncements, les silences, la bureaucratie qui tue à petit feu. Je maintiens que leur concept est totalement foireux.
C’est un sprint sous perfusion dramatique, pas une autopsie du réel. Rien qui dérange, rien qui pèse. Juste de quoi meubler et expliquer aux éduqués comment être des personnes décentes en société, lol enfin comment ils se rêvent de l'être.
"This is going to hurt" (les anglais toujours de meilleurs auteurs que le mainstream us) nous dit que dans un hôpital libéral, on ne peut pas rester un.e héros. On devient complice, ou on s’effondre. Il y a donc de la matière à penser l'hôpital, les soins, autrement que par l'action
"The Pitt" est un dispositif médiocre, faussement radical, calibré pour l’illusion de profondeur. En réalité, ça ne raconte rien juste ça déroule.déroule. Et le pire, c’est que tout ça est emballé dans cette espèce de pédagogie mollasse à destination des éduqués : regardez, voici des gens normaux dans un contexte un peu difficile, soyez empathiques, écoutez-vous les uns les autres, voilà, vous êtes des citoyens spectateurs.
"The Pitt" l’autofiction morale d’une classe qui se pense lucide, mais qui ne fait que mettre en scène sa propre bonne conscience.