Je m'attendais à une énième série policière/judiciaire américaine ronflante.
Plus jeune, j'en avais rien à carrer des Jack Bauer et de tête d'œuf.
Ça avait l'air des séries mascu classiques débiles, pan pan, cul cul.
Et c'est plutôt le cas.
Mais j'ai été vraiment surpris de voir qu'on suivait des flics pourris, et pas qu'un peu.
Là où je souhaitais la mort des Sopranos à chaque putain d'épisode, je me suis rapidement rangé du côté de Vic, Ronnie, Lem, parfois même Shane. Cette Strike Team efficace qui baigne dans l'immoralité pour faire régner l'ordre.
Difficile d'arguer contre les résultats.
Leurs pires ennemis, parfois eux-mêmes, est avant tout le système.
Les personnages secondaires comme Dutch et Aceveda ne sont pas en reste non plus, au contraire. Suivre la vie du commissariat est aussi intéressante que dans les rues.
La série ose aller plusieurs fois sur des sujets très choquants et n'hésite pas à enfoncer ses protagonistes dans un chiotte débordant de merde.
C'était parfois tellement cru que j'en ai eu l'estomac noué. Les séries de cette époque ne retenaient vraiment pas leurs coups, quand on compare aux bouses aseptisées qu'on nous sert en gamelle maintenant.
On retrouve aussi le grain des années 2000.
L'intro culte, du type qui marche sur un Lego. Je croyais qu'il gueulait SHIEEEELD, mais non.
On est aux antipodes de The Wire, mélancolique, qui prend son temps, atmosphérique, politique. Là, on est sur le chantage, le défonçage de gueules et de portes, la résolution de conflits sans tortiller du cul pour chier droit.
Bref, très bonne surprise.
Si vous voulez suivre des anti-héros, c'est un plaisir.
Les 7 saisons s'enchaînent bien. Pas au point de binge d'une traite, niveau intrigue ou réalisation ça n'impressionne pas. On a souvent l'impression d'avoir loupé un épisode entre deux, car beaucoup de choses se résolvent en coulisses ou sont traités furtivement, ce qui est assez dommage.