Quand on parle adaptation de jeux-vidéo, on fait très vite, un triste constat. Les films et séries adaptés de ce média peinent à convaincre, quand ils ne sont pas mauvais. Le « super mario bros » de Rocky Morton et de nombreux autres exemples corroborent cet état de fait. Le cinéma a toujours malmené le monde vidéo ludique. Que ce soit dans sa vision peu flatteuse des gens qui font cette industrie ou dans la caractérisation des joueurs.
Toutefois les mentalités changent, les clichés disparaissent progressivement et le cinéma montre aujourd’hui une nouvelle vision, une nouvelle approche, plus en accord avec les attentes de l’audience.
Par conséquent, que peut-on attendre de ce « Witcher » ?
Gros pari de la plateforme Netflix, la série est le succès de cette hiver. L’ultime saison de Game of thrones s’étant clôturée l’année dernière, un boulevard s’offrait aux différentes plateformes concurrentes pour explorer l’heroic-fantasy, le genre était désormais orphelin d’un des plus gros hits de ces dernières années, il fallait donc trouver un substitut à la hauteur. C’est là, que la stratégie de Netflix apparaît comme tout à fait pertinente.
Comme pour toute saga littéraire à succès, il arrive un jour que le cinéma ou la télévision viennent taper à la porte.
Ce qui fait la force du Witcher c’est qu’il est à la fois l’adaptation d’un univers romanesque et l’adaptation d’un jeu. Il peut donc toucher une audience plus large.
L’histoire du sorceleur est tiré d’un roman de l’écrivain polonais Andrzej Sapkowski, nous suivons Geralt de rives, une sorte de tueur à gages médiéval, spécialisé dans la traque et le massacre de monstres.
En dépit d’un budget important the Witcher peine à soutenir la comparaison avec ses prédécesseurs. La faute à des costumes trop propre. Des personnages avec des visages contemporains qui parviennent difficilement à nous convaincre que l’action se passe à une époque lointaine. Trop lisse par bien des aspects, la série n’est pas exempts de qualités. The Witcher bénéficie d’un excellent casting, Henry Cavill en tête. Les scènes d’actions sont subtilement mises en scène. L’impression de puissance dégagée par Geralt y est palpable, le rendu est plaisant.
Mais le plus gros point négatif, c’est la narration de son histoire. La série joue sur une temporalité éclatée, comme pouvait le faire le « Dunkerque » de Christopher Nolan. Malheureusement la maitrise n’est pas la même. Et le résultat peut créer la confusion dans l’esprit du spectateur. Car aucune, unité de temps n’apparaît clairement à l’écran, le spectateur doit le comprendre par l’intermédiaire de quelques dialogues.
En conclusion la série est un bon divertissement mais devra faire mieux par la suite pour espérer connaître le même succès que ses aïeux.