Malgré une performance assez remarquable de Kenneth Branagh incarnant ici l'excentrique Boris Johnson alors Premier ministre du Royaume-Uni, This England, mini-série de six épisodes, constitue une œuvre mitigée.
Opérant dans sa première moitié une montée en puissance, écho à l'explosion du Covid en Grande-Bretagne, avant de s'effondrer dans sa deuxième malgré la maladie qui elle continue sa déflagration.
Si This England a un mérite, il est de mettre en avant le drame du Covid. Loin des statistiques et chiffres impersonnels, les épisodes montrent les malades, les mourants, les cadavres. Chez eux, en maison de retraite, à l’hôpital. A leur chevet leur famille, leur soignant, leur infirmier, leur médecin. Le troisième épisode est une épreuve pour le téléspectateur, plongé dans l'horreur sanitaire de cette première vague de l'épidémie où chaque scène se termine par une mort.
Société qui n'était pas préparée - le pouvait-elle ? - à une maladie aussi contagieuse et mortelle. Car faut-il le rappeler comme le fait la série, un taux de 1% de mortalité au sein d'une population est énorme.
Cependant, après cet épisode poignant, la série tombe dans la redite. Elle ne parvient pas à trouver de nouveaux sujets si ce n'est l'hospitalisation du Premier ministre, la quête absolu des 100 000 tests par jour ou bien l'enquête sur la rupture du confinement par un membre du cabinet du 10 Downing Street. Des trames qui auraient pu être plus pertinentes si mieux narrées. On peut aussi regretter l'absence de traitement du scandale du Partygate, à peine évoqué dans les dernières secondes de la série qui aura joué un rôle ultime à la démission de Boris Johnson.
This England rate le traitement et la gestion politique d'une pandémie inédite mais expose en revanche brillamment la crise sanitaire.