Tin Star
6.6
Tin Star

Série Sky Atlantic (UK) (2017)

Si Popeye avait été créé pour une publicité Jack Daniels

Ayant toujours adoré Tim Roth comme acteur, j'étais enchanté de voir une série lui confier le rôle principal.

Ce qui est plus embêtant c'est qu'après en avoir suivi une saison 3/4 (j'ai laissé tombé en cours de s2) ça reste la principale qualité que je reconnaitrais à Tin Star (et encore, s'il montre un certain talent à incarner les deux personnalités totalement opposées de son personnage, il a du mal à échapper à un jeu caricatural, vu qu'elles le sont).

Pour en citer quand même d'autres, d'autres interprètes (les deux jeunes acteurs jouant sa fille et le petit ami de celle ci) s'en tirent plutôt mieux finalement, malgré les rôles difficiles que leur offrent le scénario, et des dialogues qui ne sont vraiment pas un fort de la série. Enfin, la réalisation est soignée, avec de belles images pour évoquer les paysages du grand nord et un jeu sur le contraste qu'ils offrent avec les installations industrielles ou le bar sombre et mal décoré constituant les autres décors principaux.

Pour ce qui est du scénario, un ancien super flic anglais, ex-alcoolique, va s'enterrer dans une petite ville canadienne dont il devient le shérif, pour y vivre tranquille avec sa famille, mais il apparaitra rapidement qu'il est poursuivi par son passé, et que par ailleurs les plans machiavéliques d'une grande compagnie pétrolière menacent de rendre la petite ville idyllique, bien moins paisible qu'elle paraissait (d'autant qu'on découvrira également qu'elle hébergeait déjà un nombre impressionnant de criminels ou ex-criminels par rapport à sa maigre population).

On va dire jusqu'ici ça va. L'intrigue, si classique (et virant rapidement au drame, avec la mort de son plus jeune enfant) promet quelques twists, et le mystère qui entoure les plans de la société pétrolière un message écolo, peut être pas très original mais bienvenu pour donner un peu de profondeur sociale à son cadre.

Le truc, c'est que, tandis que le mystère de qui cherche à se venger de lui s'estompe assez rapidement (apprenant au spectateur que les deux intrigues principales sont bien séparées), seuls les détails de pourquoi faisant objet de "twists" ultérieurs (guillemets pour ce qui devait être l'intrigue la plus prévisible avant le "qui est Sauron ?" de Rings of Power), on découvre aussi rapidement le grand secret du personnage de Tim Roth : quand il est à jeun il est plutôt gentil et sympathique (avec pour défaut de se comporter un brin comme une lavette), tandis que s'il se remet à boire il redevient le superflic de sa jeunesse, compétent mais ultra-violent et cynique, et par ailleurs doté de toutes les tares d'un alcoolique (comme courir les jupons, se réveiller dans des lieux inconnus sans se souvenir de sa nuit etc... si ça n'affecte nullement ses capacités policières).

Et que sa transformation, digne de Dr.Jeckyl et Mister Hyde, est tellement extrême qu'on a juste du mal à y croire. D'autant qu'au niveau de ses talents (non seulement savoir se battre ou tirer, mais mener une enquête) son personnage Mister Hyde évoque plus Popeye ayant enfin trouvé ses épinards que ce qu'il serait raisonnable d'attendre d'un personnage ivre mort.

Par ailleurs, l'alcool l'aidant à perdre ce qui pouvait lui rester de scrupules dans son envie de venger son gosse, il commet une si énorme liste d'actions qui devraient logiquement entrainer son renvoi immédiat de la police (en plus du simple fait d'apparaitre torché tous les soirs au seul bar du village, ce qui fait un peu tâche pour le garant de l'ordre), qu'on a encore plus de mal à croire que ça reste globalement sans conséquence (à part une subalterne qui lui fait parfois un peu la morale, quand il est assez dégrisé pour l'entendre).

S'ajoute à ça que, notre héros ayant absorbé des litres d'efficacité nouvelle, et retrouvé la mémoire quant à sa précédente période alcoolisée, qu'il résolve le mystère apparait vite comme une formalité. N'en reste que l'aspect le plus dramatique :

Que celui qui en cherchant à se venger de lui a tué accidentellement son dernier né s'avère son propre fils naturel, qu'il avait eu de la nana d'un gangster quand il était infiltré, fils par ailleurs en pleine histoire d'amour avec sa fille officielle.

Une tragédie qui serait vraiment tragique si elle n'était pas tout aussi propre à dissiper ce qui pouvait rester au spectateur de suspension d'incrédulité. Et qui par ailleurs sera "résolue" de la plus abrupte manière.

Je passerai sur la saison 2, que j'ai tenté de suivre malgré tout, mais à ce stade j'avais déjà tellement décroché de tout ce petit monde de personnages improbables (et de plus en plus antipathique pour le principal) et d'intrigues l'étant encore plus pour m'en souvenir assez bien.

Antonio-Palumbof
5

Créée

le 13 nov. 2022

Modifiée

le 13 nov. 2022

Critique lue 57 fois

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