Admirable état des lieux de notre société occidentale

Merveilleux et inespéré retour de Russell T Davies dans le paysage sériel Anglais, et admirable état des lieux de notre société occidentale

Auteur de Queer as Folk (je précise l'original la version UK), et de it's a Sin.

Sujets, tout comme Half Man de l’Écossais Richard Gadd, sur les dérives de l'homophobie, de la toxicité masculine et patriarcale. Ou encore l’assassinat, toujours controversé, de Pier Paolo Pasolini, une affaire que les médias et les responsables politiques de l’époque ont largement contribué à étouffer, et qui a donné naissance à deux films remarquables.


J’étais impatient de la voir, et elle était bien fondée cette impatience. Car c’est une série réflexive, cherchant le dialogue et non le radicalisme. Tant mieux, et enfin.


C’est avant tout une série dramatique, mais comme c’est british, il y a aussi beaucoup d’humour anglais et dérisoire (ces deux genres sont souvent indissociables chez les anglais tragédie et humour, et ça fait franchement du bien), avec quelques petites touches de soap-opéra (histoire de détendre l'atmosphère), et comme le sujet est plus que délicat en ces temps modernes, il y a bien sûr de la réflexion sociétale et politique.

Comme les mots "œuvre woke" et "inclusivité" sont employés à mauvais escient, et surtout devenu un phénomène de mode sur les plateforme de streaming, il s’agit en effet d’une série queer et les conflits avec les conservateurs patriarcaux, et même intergénérationnel (exemple, le débat sur les nouveaux genres). Mais le plus important, le showrunner fait un état des lieux de notre société, des avancées faites depuis quelques années, et le rétropédalage grâce et/ou à cause de gens comme Trump et ses amis de la tech (et du porte-monnaie). Il faut l’admettre ces gens ont fait un travail inconsidérable pour museler et contrôler la presse dérangeante aux USA, et bien évidemment les réseaux sociaux pour inculquer, et imposer leur pensée unique et clivante, sans parler de l’effet boule de neige dans le monde entier, ça sert aussi à ça les réseaux sociaux.

Tout comme Proud, ça fait du bien ce genre de série.


Le dernier épisode est, pour moi, bien plus qu’un simple dénouement : c’est une véritable réflexion sociétale, avec l’impact dévastateur d’Adolescence et un (électro)choc émotionnel à la hauteur de Half Man. Une fin qui ne laisse clairement pas indemne.

deathPixies7
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le 30 août 2026

Critique lue 21 fois

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