On me promet une héroïne façon Knight Flower. Très bien, j’attends donc ses escapades nocturnes… que je verrai finalement assez peu.
La série prend ensuite pour toile de fond une période sombre de la dynastie Joseon, marquée par le règne du roi Yeonsangun, violent et paranoïaque, dont les excès ont conduit à une destitution exceptionnelle dans l’histoire du royaume. Je suis donc un peu perplexe pour la suite car un tel contexte est périlleux pour l’écriture d’une comédie romantique.
Les premiers épisodes laissaient d’ailleurs entrevoir une série capable d’exploiter ce contexte, avec une mise en place plutôt efficace et un équilibre prometteur entre intrigue politique et éléments romanesques.
Puis arrive le body-swap, procédé déjà vu récemment dans Moon Lovers. Là, je commence à douter. Au fond, le problème n’est pas le manque d’idées, c’est surtout qu’elle mélange trop d’artifices et de procédés. Une médecin qui devient Robin des Bois, à la nuit tombée, un prince qui tombe amoureux d’elle, un roi plus proche de notre Charles VI que du roi Sejong. Et au fil des épisodes, la tension retombe progressivement. Me voilà bien embêtée… parce que sans Moon Sang-min, très honnêtement, j’aurais probablement décroché assez vite.
Première déception du côté de la promesse de départ. J’attendais que le côté Robin des Bois prenne réellement de l’ampleur, avec des actions nocturnes et peut-être une forme d’opposition entre Hong Eun Jo et le prince Yi Yeol. Dans un drama comme Knight Flower, cette double vie réussissait à créer du rythme, une dynamique et une certaine tension. Ici, cette proposition reste très limitée, et l’ensemble manque à la fois d’énergie et d’humour.
Je me raccroche à leur romance mais elle reste relativement fade. Alors j’espère une seconde comme souvent et qui aurait le mérite de me réveiller de ma torpeur. Surtout lorsqu’il y a la présence plutôt très charismatique du magnétique Hong Min-gi. Mais que nenni. Elle n’arrivera jamais.
Au fond, le problème n’est pas le manque d’idées, mais le fait que la série en atténue constamment la portée, là où elle aurait gagné à assumer davantage de tension et de noirceur un peu à la façon de The Tale of Nokdu par exemple. Surtout, elle accumule les pistes, Robin des Bois, body-swap, intrigues de cour avec l’inévitable ministre de gauche, sans jamais vraiment les exploiter.
Au final, je suis allée jusqu’au bout surtout pour Moon Sang-min. Il a pourtant déjà prouvé, notamment dans Under the Queen’s Umbrella et même dans quelques scènes ici, qu’il pouvait imposer une présence plus affirmée et porter des rôles plus nuancés. Mais le personnage, trop lisse, ne lui permet pas d’exprimer pleinement son potentiel. On le sent bien mieux servi dans des registres plus contemporains ou plus naturels, comme Wedding Impossible, Cinderella at 2AM ou le très beau film Pavane.
À ses côtés, Hong Min-gi se distingue dans un rôle plus ambivalent, qui lui permet d’exprimer une présence particulièrement marquée à l’écran. Cette part d’ombre et de retenue donne à son personnage une densité que l’on perçoit immédiatement. Déjà aperçu dans Study Group et Love Your Enemy, il confirme ici un potentiel intéressant, porté par un regard profond et scrutateur.
Voilà. Un bon casting ne suffit pas lorsque le scénario recycle des éléments déjà vus sans véritable ligne directrice. Une série que l’on peut regarder pour ses acteurs mais qui, étirée sur seize épisodes d’une heure, finit par perdre sa tension… et par s’effacer assez vite une fois terminée.