Torchwood S1 ****
Le côté "hard and dark" de la série Doctor Who (dont on est plus que fan), Torchwood est une série spin-off (parallèle) à l'univers du Doctor, et ravira ceux et celles qui veulent "en savoir plus". En effet, on revient souvent sur des événements marquants du Doctor, mais sans trop expliquer, aussi on vous conseille de voir DW avant : on n'explique pas pourquoi Jack Harkness, le leader, est immortel (car la réponse se trouve au dernier épisode de la saison 1 de DW), on montre l'envers du décors de l'invasion des Cybermen du dernier épisode de la saison 2 de DW...etc. Mieux vaut connaître un peu son DW, donc. Mais la transition est nette ! Si DW est avant tout familial, science-fiction et humoristique, Torchwood est plutôt sombre (très sombre, parfois...), assez froid dans les rapports de son équipe (c'est "chacun pour sa pomme" plutôt qu'une équipe soudée, chacun cachant ses petits secrets aux autres et n'hésitant pas à tirer sur les collègues...) et surtout gore (il y a des épisodes bien sanguinolents, d'autres avec des scènes dénudées "osées"). La mention moins de douze ans est bien justifiée, et la série n'est pas à mettre entre toutes les mains (les jeunes fans du Doctor attendront d'avoir l'âge). Seule l'ambiance sombre nous a surpris au début (nous attendant à la gaieté timbrée de DW, on a buté sur la marche au premier épisode), et les relations froides parfois entre les agents de Torchwood ne nous ont pas emballé, on trouve dommage que des équipiers ne soient pas soudés au point de se tirer dessus sans problème... On espère que cela s'arrangera dans la suite. Au fait, pour l'ordre des épisodes, consultez une autre liste que celle proposée par AlloCiné, elle est fausse... Une bonne série, qui change radicalement de Doctor Who tout en l'expliquant, si vous ne craignez pas l'ambiance sombre et les scènes sanguinolentes, foncez. La fan de DW y a trouvé des réponses délicieuses !
Torchwood S2 *****
La saison 2 est mille fois meilleure que la première : les personnages sont enfin attachants ! Enfin une véritable équipe soudée et solidaire ! Nos peines passées dans la saison 1 de voir des coéquipiers se flinguer sans hésiter et sans remords, cela nous avait beaucoup déçu car il en ressortait des personnages antipathiques (coucou, Owen...), froids (Jack, contrairement à la folie exubérante qu'on lui connaissait dans Doctor Who) et manquant de profondeur (les autres, et en tête le pauvre Ianto qu'on voit très peu...). Ici, nos prières ont été entendues : quel bonne idée d'avoir intégré Rhys (le mari pataud) dans les aventures délirantes de Torchwood, il nous manquait ce petit "côté extérieur complètement à la ramasse" pour nous faire rire. Aussi, la saison 2 est moins axée sur la noirceur de son récit, se permettant de l'émotion et beaucoup d'humour, et cela fait un bien fou. Concernant le plus grand revirement de situation, le cas d'Owen mérite d'être cité : le personnage que l'on détestait le plus dans la saison 1 (autosuffisance imbuvable) est devenu celui qui nous touche le plus dans la saison 2, justement par la tragédie très pessimiste qu'il traverse, et ce, toujours avec une note d'humour (enfin l'acteur devient facétieux). Ce mélange d'humour noir et d'histoire profondément triste (oui, on a pleuré pour Owen...) a fait remonter le personnage en pôle position de nos favoris de la série Torchwood. Tous les personnages sont plus creusés dans leur histoire personnelle (épisode qui explique leur recrutement, très éclairant sur leur caractère. Si seulement on avait su pour Owen, on aurait fermé les yeux sur son côté asocial dès le début !). Certaines répliques nous sont restées (Jack qui revient à la vie devant le pauvre Rhys qui essayait de le sauver : "Qu'est-ce qu'il fout là, lui !"; ou encore les références d'Owen : " il vous faut un mort ?", "Vous voulez voir l'homme mort mourir de nouveau ?", oui c'est bête, mais on a rigolé), et la cohabitation de celui qui est obligé de rester vivant, et l'autre mort (vivant) donne des situations amusantes et décalées qu'on n'attendait plus (enfin). Effets spéciaux soignés, musique du générique devenue addictive, et trailer de départ qui donne la patate à chaque début d'épisode, super saison 2 en tous points. Beaucoup plus agréable que la saison 1, un réel plaisir de rire et frissonner aux côtés de personnages enfin développés et très touchants.
Torchwood S3 *
Il manque deux personnages principaux (disparus dans le dernier épisode de la saison 2) et cela se ressent. Juste quand on commençait à leur donner une intrigue de plus en plus importante (pour ne pas dire intéressante tout court), on voit que leur retour ne se fera pas (on a vu plus exorbitant au niveau scénaristique, alors pourquoi ne pas les faire revenir par une pirouette narrative...) et c'est bien dommage. Car à présent il manque le cynisme d'
Owen
et les déductions intelligentes de
Toshi
et il manque d'autant plus leur romance qu'on a tué dans l’œuf... C'est même extrêmement dommage, car cela laissait le choix de poursuivre une romance classique (admettons que l'on trouve comment "guérir" Owen) ou bien une romance à la Warm Bodies entre mort-vivant et vivante... Cela aurait été cocasse, et on s'attendait vraiment à avoir une intrigue alambiquée et surprenante comme celle-ci, mais non. Une équipe devenue "mini-mini" avec ses trois co-équipiers (et Rhys quand on veut diversifier un peu les têtes à l'écran), une intrigue qui n'est qu'un suspens qui s'étire sur cinq épisodes, des caméramen qui tiennent la caméra comme s'ils voulaient sucrer des fraises (que de tremblote), et des acteurs qui s'investissent heureusement, sinon cette saison serait d'une platitude... Après une seconde saison qui promettait la Lune, la troisième est bien pauvre, s'arrête d'ailleurs très vite, et par la mort de
Ianto
... L'hécatombe continue, et l'on ne sait pas bien à quoi ressemblera l'équipe de Torchwood dans la saison 4, si ce n'est une version totalement différente de la petite équipe qui se détestait au début mais a appris à s'apprécier avec le temps, et que l'on a dissoute juste avant la saison 3. Pour parler un peu de l'intrigue en elle-même, elle n'a pas su nous embarquer entre ses dialogues diplomatiques interminables, et sa créature que l'on attend de voir toute la saison sans en voir plus que quelques bouts au final (quelle déception de ne pas la voir en intégralité !) et le passé sombre de Jack ne nous a pas convaincu (un peu bizarre pour le relier avec la série Doctor Who, on se casse longtemps la tête pour savoir quand cela a bien pu avoir lieu dans la continuité de la série... Et on vous le donne en mille : dans les interviews, les scénaristes des deux séries avouent que même eux n'en savent rien, la continuité est trop embrouillée voire erronée à présent pour pouvoir fonctionner, donc ne cherchez plus !). On attendait des réponses et de revoir notre petite équipe loufoque et cynique, on a retrouvé trois survivants qui comblent les trous du scénario jusqu'à ce que l'équipe se réduise encore...
Torchwood S4 **/
La série "dark side of Doctor Who" typiquement anglaise est devenue un simili-feuilleton d'action à l'américaine... Dommage car l'intrigue est intéressante en soi, et bien étayée par les réactions inhumaines qui découleraient forcément de cette situation apocalyptique. Mais on a en contrepartie des séquences avec une journaliste et un condamné à mort détestable qui sont longues et complètement inutiles (on finit par les avancer, tant cela nous ennuie et ne sert à rien dans l'histoire), le générique de début est minimaliste à l'excès et s'oublie facilement, les acteurs font des caricatures théâtrales de leur personnage respectif, bref on a l'impression de voir un soap larmoyant avec une histoire paranormale perdue au milieu... La relation de jeunesse de Jack avec l'italien est très mal utilisée (tout ce temps à les voir dans des flashbacks abusifs pour quasiment rien, c'est agaçant). Ce personnage a clairement été rajouté pour faire pleurer dans les chaumières, mais est inefficace. Restent les dialogues plats et prévisibles sortis des blockbusters américains, des explosions à tout-va (on a des moyens, et on nous le fait savoir), et une résolution ridicule (explications bancales voire inexistantes du phénomène, comme si les scénaristes n'y avaient pas pensé jusqu'au dernier épisode, où ils ont rendu copie blanche...). La fin ouverte n'aide pas, sachant qu'il n'y a pas de saison après celle-ci. On regrette l'équipe complète des deux premières saisons, car ici on n'a qu'un show caricatural et pyrotechnique à l'américaine. Mention à l'interprétation qui est risible.