Bien sûr beaucoup de choses ont été dites à propos de cette série que je viens de regarder une seconde fois pour me rafraîchir la mémoire et vérifier si mon avis est toujours le même.
Beaucoup de thèmes fondamentaux sont abordés ici. Nous pénétrons dans le monde de l'escrime, dans le monde des journalistes débutants, dans le monde des jeunes lycéens se préparant à l'examen d'entrée en fac et confrontés aux châtiments corporels... Et surtout, nous sont montrés les ravages faits par la crise économique du FMI, à la fin des années 90. Le tout est enveloppé dans une magnifique histoire d'amour comme, j'en suis certaine, nous aimerions tous en vivre, ou en avoir vécu, une.
La jeune escrimeuse, Na Hee-do, héroïne de l'histoire, est une jeune lycéenne positive, spontanée, lumineuse, qui se donne toujours à fond pour réaliser son grand rêve d'escrimeuse. Elle est solaire.
Le jeune homme, Ijin, est un peu plus âgé. Au début de leur histoire, sa famille à lui, très aisée, vient de subir de plein fouet la crise économique et de faire faillite. Ijin passe alors d'une jeunesse dorée à la dure vie de ceux qui n'ont rien, à faire comme eux, tous les petits boulots possibles, à subir les assauts des créanciers de son père que celui-ci ne peut pas rembourser, à subir aussi humiliation sur humiliation. Le choc est, pour Ijin, jeune homme droit et idéaliste, terrible, le traumatisme énorme et inguérissable. Il prend tout sur ses épaules, les dettes de son père, les études de son frère... C'est un jeune adulte hypersensible qui promet, un jour, à un créancier de son père de n'être "jamais heureux" et qui se donne pour mission d'essayer d'empêcher le monde d'aller mal, mission qu'il mènera jusqu'au sacrifice de sa propre vie. Il fuit devant le bonheur par peur de le voir finir et de blesser la femme qu'il aime. "C'est le prix à payer pour avoir été plus heureux que les autres", dit-il à son père dans une scène qui fait mal...
Na Hee-do et Ijin se rencontrent et tissent des liens très très forts, le tout au milieu des amis d'escrime et de lycée qui sont sympathiques et ont aussi une belle histoire, mois fouillée que celle de nos deux héros. Chaque fois que Ijin sombre dans sa dépression larvée Na Hee-do l'empêche de fuir ou de baisser les bras. Elle lui redonne le courage et le goût d'avancer ce qui lui permet de rebondir. Ijin est conscient de cette aide énorme qui l'aide à se reconstruire et qui, outre l'amour qu'il porte à Na Hee-do, éclairera toute sa vie.
Les épisodes s'enchaînent sur fond de compétitions d'escrime, de jeux et amusements divers qui enrichissent les souvenirs de cette bande d'amis. On voit aussi le rôle des parents qu'ils brillent par leur absence ou par une présence bienveillante, ou par leur rejet, qu'ils soient toxiques ou aimants... On voit aussi le rôle de l'actualité, son retentissement sur nos vies lors d'événements tels que le 11 septembre 2001 qui conduit Ijin à New York et à s'engager pour tenter de reconstruire le monde et à renoncer à son amour.
La série est habilement présentée par le biais d'un journal intime retrouvé. Ainsi la fille de Na Hee-do découvre le passé de sa mère et la rôle de sa grand-mère, présentatrice télé naguère.
La belle histoire de Na Hee-do et de Ijin se termine... ah quel dommage!... mal pour eux qui se séparent pour incompatibilité d'emploi du temps, entre autres. Mais aucun des deux n'a oublié l'autre et ils sont tous les deux conscients que le souvenir de leur histoire est ce qu'ils ont de plus précieux.
Les acteurs sont, pour moi, parfaits, émouvants à souhait, tous. On y croit tout du long.
J'ai découvert en revoyant Twenty-five twenty-one (l'âge des héros à la fin de leur histoire) qu'à la toute fin du générique Ijin cherche à rouvrir un vieil ordinateur dont il a oublié la mot de passe. Pour le restaurer on lui demande le nom de son premier amour. On connaît la réponse!
Et on se prend à rêver que leur belle histoire peut reprendre autour d'un verre ou d'un repas ou d'une rencontre au hasard...