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L'arme fatale
Ne vous fiez pas à l'affiche, Alice, the Final Weapon n'est absolument pas un drama scolaire. Ici nous sommes en présence de deux outsiders qui sont aux antipodes l'un de l'autre, mais qui sont...
le 1 mai 2026
Ne vous fiez pas à l'affiche, Alice, the Final Weapon n'est absolument pas un drama scolaire. Ici nous sommes en présence de deux outsiders qui sont aux antipodes l'un de l'autre, mais qui sont frappés par la fatalité depuis leur enfance. Alice nous plonge dans un univers ultra violent et nihiliste, qui va souvent de pair dans ce type de récit dont les coréens sont friands. Cette mini série Watcha de 4h va suivre les péripéties de ce couple improbable qui devra affronter à la fois ses propres démons et ses ennemis afin d'accomplir leur destinée. La première chose qui saute aux yeux, ce sont les nombreuses références à des films comme Nikita, Léon ou Anna de Besson, ou bien encore au film coréen The Witch Part 1 concernant l'héroïne. Le point commun c'est sa fragilité apparente avec sa capacité de destruction une fois activée. Quant au héros, il fait irrémédiablement penser à Dave Lizewski alias Kick Ass, et au cinéma à Tyler Durden de Fight Club dans cette capacité à encaisser les coups avec une certaine jubilation sadique. Bienvenue chez les fous.
Une jeune orpheline du nom de code Alice(Park Se Wan) a été éduquée dès son enfance dans une école spécialisée en Angleterre qui forme l'élite des assassins. Lors du test final, elle échoue auprès de son mentor. Sauvée in extremis par Mr Ban(Kim Sung Oh), ils s'enfuient en Corée leur patrie d'origine, où il lui donne l'identité de sa fille assassinée, Gyeo Wool. Pourchassés car ils ont volé une liste qui referme tous les secrets et les noms de tous les agents formés et actifs de ce syndicat du crime, elle se re trouve dans un lycée où elle fait la connaissance de Yeo Reum(Song Geon Hee), un jeune homme autodestructeur qui aspire à mourir. Orphelin jeune comme Alice, il se sent responsable de la mort de sa mère, alors qu'il n'y est pour rien. De ce fait, il cherche constamment à se se faire frapper, avec un résistance physique qui dépasse l'entendement. Elevé par le flic qui a enquêté sur la mort de sa mère, Nam Woo(Jung Seung Kil) fait office de bon père. Leur rencontre qui parait anodine et fortuite ne l'est pas : son nom à elle signifie Hiver et le sien Été.
Evacuons d'entrée le fait qu'on choisisse encore des acteurs trop vieux pour incarner les héros, surtout Park Se-Wan sensée avoir 19 ans alors qu'elle en avait 27 lors du tournage. C'est tout le contraste entre le J-drama qui colle à la réalité par rapport au K-drama qui privilégie l'acting et le propos...Passons. j'ai trouvé les 3 premiers épisodes qui se déroulent au lycée un peu poussifs, moyennement intéressants, surtout que c'est mal amené. Le drama étant court, il aurait fallu selon moi privilégier le background des personnages principaux davantage. Mais le duo fonctionne plutôt bien dans leur apprivoisement réciproque et leur dualité. On est sur une dynamique "Bonnie & Clyde" version puberté tardive. C'est la première fois qu'ils trouvent un point d'ancrage, une bouée à laquelle se rattacher. Pour Yeo Reum, cette fille badass est intrigante, et pour Gyeo Wool, ce garçon qui s'est subitement entiché d'elle défie sa logique et sa perception de l'autre. Le drama décolle vraiment à partir du 4eme épisode et prend son envol. Les gros points forts sont l'esthétisme et le ton employé. Il y a beaucoup d'absurde, de noirceur et les dialogues et les situations sont cyniques la plupart du temps. C'est souvent la folie qui règne. Format court oblige, le rythme est nerveux car on se concentre sur l'essentiel.
Ce que j'ai aimé c'est que le drama nous troll d'entrée, car en effet Alice noue est vendue comme l'arme ultime prete à accomplir sa mission.
Mais en réalité elle n'a jamais tué personne (elle a échoué au test au début vous avez oublié?). Elle possède l'instinct de survie, mais pas l'instinct du tueur. Seul un catalyseur émotionnel à la fin va l'activer.
Tous les deux ont le point commun d'avoir échoué dans leur quête : lui veut ressentir la douleur mais n'y arrive pas vraiment à cause de son anesthésie émotionnelle; et elle veut être une arme fatale sans cœur, mais qui fait un blocage à cause de son humanité, comme si on lui avait implanté un inhibiteur. Ce sont les deux faces d'une même pièce, lui reçoit les coups sans broncher comme une punch machine, tandis qu'elle les distribue sans sourciller. La violence les rapproche, qu'elle soit intentionnelle ou pas. L'alchimie par le trauma entre ces deux acteurs expérimentés est vraiment excellente, et l'acting s'en ressent. L' avantage d'etre sur une plateforme telle que Watcha, c'est que la censure est inexistante, donc au niveau de la violence immersive, on est au top. Il y a beaucoup d'action, surtout dans la deuxième partie, avec du gore et un sentiment de sadisme revendiqué qui ne pourra pas plaire à tout le monde. Ce qui est dingue c'est qu'on est sur un drama à petit budget, presque de niche, mais on a fait appel au gotha des acteurs coréens: Kim Sung Oh, Jung Seung Kil, la sublime Cha Joo Young et enfin Kim Tae Hoon qui interprète l'antagoniste principal, mais dont à mon plus grand regret, on aura pas eu le temps d'étoffer ce personnage psychopathe en roue libre.
En effet, Spivak est une ombre du passé qui incarne finalement une menace abstraite dont il faut se débarrasser dan l'urgence. C'est une forme de délivrance, mais il manque cruellement un lore dans ce drama qui aurait mérité une meilleure exposition et valorisation. La réalisation et la mise en scène sont bien meilleurs aussi passés la phase lycée car on embraye la seconde. Le mélange des genres fonctionne assez bien dans l'ensemble, mais le gros point noir donc reste ce format trop court pour dérouler un scénario alléchant sur le papier, mais dont il va nous manquer un vrai développement, c'est vraiment dommage. La romance reste pudique mais elle est réelle: ils ont besoin l'un de l'autre pour se guérir, même si lui le comprend avant elle. Ils étaient des solitaires, ils découvrent ce qu'est l'amour désintéressé et la folle envie de vivre. Car au final on comprend que ce sont bien des âmes sœurs. En plus de l'intensité, c'est la profondeur des sentiments et les émotions ressenties pour ce couple atypique qui ressort. Ils sont barges à leur niveau et cette introspection analytique fait souvent passer le drama du thriller d'action pur et dur au drame psychologique. Le point de bascule pour chacun d'eux est intense à un moment précis:
Lorsque Nam Woo meurt dans les bras de Yeo Reum, celui s'éveille enfin avec la fureur de vivre; tandis que quand Mr. Ban meurt, c'est Alice qui nait et Gyeo Wool qui disparait avec son père. Magnifique métaphore visuelle !
Pour conclure, je dirais qu'il y a quelques incohérences et facilités scénaristiques, mais je pardonne vu que le format court oblige à faire quelques écarts. Ce que l'on retient avant tout c'est que le langage de communication n'est pas dans les paroles mais dans la violence et dans le sang. La dimension émotionnelle est multiforme : elle ne se dégage pas seulement de nos héros, mais aussi de ces deux pères de substitution, opposés totalement dans leur approche et dans le style, mais dévoués corps et âmes à leurs "enfants". Ce qui frappe aussi c'est qu'on met en évidence des jeunes à qui on a volé leur enfance et leur innocence, et qui aspire à s'extraire de ce chaos pour découvrir une liberté qu'on leur a toujours refusé, ou qu'eux mêmes s'étaient interdit de jouir soit par peur, soit par une fausse culpabilité. D'ailleurs la conclusion est sans appel: l'épuisement moral et émotionnel est total et laisse entrevoir une échappatoire pour nos amoureux. Il m'aura manquer quelques épisodes supplémentaires pour en faire vraiment une œuvre aboutie, car par moments le narratif est vraiment trop rapide. Le potentiel était là, mais sacrifié sur l'autel du format.
Main Thème: Chung Chaewoong, Lee Seungyeon - Ultimate Weapon Alice
Additionnel OST: Chung Chaewoong, Lee Seungyeon - Alone
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le 1 mai 2026
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