Hayata Shinjiro est le fils de l’illustre Ultraman et, grâce à ce lien de sang, il possède lui aussi les pouvoirs de son père. Pourtant, Shinjiro n’aspire qu’à être un lycéen comme les autres. Un jour, il est attaqué par une créature extraterrestre.
Ultraman est un monument de la science-fiction japonaise. La série originelle des années 60 a été déclinée en films, mangas, jeux vidéo, séries et dessins animés. Ultraman est l’adaptation d’une suite de mangas publiée entre 2011 et 2020. Les épisodes ont été réalisés conjointement par Kenji Kamiyama et surtout Shinji Aramaki qui s’est illustré, entre autres, avec les animés d’Appleseed et de Starship Troopers.
Ce qui caractérise les œuvres de Shinji Aramaki, c’est leur sérieux et Ultraman ne déroge pas à la règle. Le scénario est austère avec une intrigue typiquement japonaise. Shinjiro, comme tout bon combattant nippon, hésite entre son devoir de défenseur hérité de son père et son désir de vivre sa vie d’adolescent (et de draguer des filles !). Il n’y a pas de débat ailleurs qu’à l’intérieur de sa conscience et les différents protagonistes poussent chacun dans un sens ou dans l’autre.
Le scénario est assez lyrique, mais aussi peu réaliste (si tant est qu’une histoire d’extraterrestres et de superhéros puisse l’être). L’entourage de Shinjiro est constitué essentiellement d’extraterrestres et il rencontre souvent la bonne personne par un hasard trop complaisant. Par ailleurs, la saison 1 souffre du syndrome des Chevaliers du zodiaque. En effet, il faut que les gentils tombent à 3 points de vie après s’être fait latté la gueule pendant un épisode entier pour qu’ils parviennent à rassembler leur cosmoénergie et atomiser le méchant. C’est un peu lourd, mais on s’en accommode. Après tout, l’histoire originelle est aussi vieille que naïve et cette modernisation a un panache indéniable. La chute, même si elle est classique, est tout à fait honorable (cosmoénergie mise à part).
Comme souvent également dans le travail de Shinji Aramaki, l’esthétique est méticuleusement soignée. Les images de synthèses sont somptueuses même si elles sont trop lisses sur certains détails triviaux (les rues exemptes de saleté ou des cannettes de bière parfaitement symétriques). Seuls les regards, décidément très difficiles à rendre numériquement, sont parfois un peu fixes, mais c’est là encore un élément qui ne se remarque pas forcément.
Le travail sur les voix est assez intéressant. Edo en est un exemple parfait, avec des variations inhumaines qui inquiètent le spectateur jusqu’au bout. Les intonations (en version originale) sont très bien travaillées et donnent une personnalité riche aux différents protagonistes. Enfin, la bande-son pêchue fait son office.
La saison 1 de cette série Ultraman s’adresse à des connaisseurs qui maîtrisent le spacium, la SSSP et la présence extraterrestre sur Terre. Par ailleurs, les personnages pleuvent après une introduction vite expédiée. Toutefois, il est possible pour un néophyte (c’est mon cas) de s’accrocher et de découvrir non seulement une histoire accessible, mais prenante. C’est une belle réussite.