Les goélands ne furent pas les seuls à pleurer…
Avouons-le : cet anime est très chiant, et qui plus est pitoyablement adapté. Et c’est bien dommage, quand on voit d’où l’on part. L’anime de “Higurashi”, même si en deçà du novel, fut une meilleure adaptation, et l’on était légitimement en droit d’attendre la même chose de sa petite sœur. C’était sans compter sur le talent du studio Deen. Le premier arc est encore celui qui est le mieux réussi, et pour cause, c’est celui où il se passe le moins de choses, réussissant à garder une cohérence avec ses « seulement » 18 personnages.
Comme avec “Higurashi”, on a ici une série avec de multiples itérations par arcs, chacun offrant son lot de meurtres, l’intrigue étant de découvrir ce qui s’est réellement passé du 4 au 6 octobre 1986 sur Rokkenjima. La différence, c’est qu’à chaque nouvel arc “Umineko” présente de nouveaux personnages. On se retrouve avec pas loin de 40 dans le quatrième. Du coup, c’est un joyeux foutoir sans la moindre organisation, et, afin de donner de la présence d’écran à chacun, on dynamite des pans entiers de l’histoire, quitte à laisser de côté des éléments indispensables à la cohérence et à la compréhension, fournissant en fin de compte une soupe sans saveur.
C’est d’autant plus dommage que visuellement ce n’est pas désagréable – une fois qu’on fait abstraction des poitrines surabondantes çà et là… –, que les performances vocales d’Ohara Sayaka, contrairement à celles de Daisuke Ono, sont remarquables, et qu’il y avait une certaine créativité pour recréer dans l’anime l’astuce du « texte rouge » du jeu.
Si vous avez aimé, c’est tout à fait votre droit et tant mieux pour vous, mais je doute que vous ayez compris quoi que ce soit à cette histoire qui, en plus de poser bien plus de questions qu’elle ne fournit de réponses, est plus profonde et complexe qu’elle ne le laisse penser de prime abord. Pour cela, il ne vous reste qu’à vous pencher sur le jeu, entièrement traduit en anglais par des fans de la première heure.