On aurait pu redouter un simple décalque du chef-d’œuvre de Jacques Audiard, mais si la série conserve le principe du thriller carcéral et d’une relation mentor/apprenti entre deux détenus, elle trace sa propre voie et écrit son propre récit, à Marseille cette fois-ci.
Un Prophète se joue au cœur des Baumettes, où les rapports de force s’établissent et les protections se monnaient. Mais la série quitte aussi les murs de la prison pour montrer une ville au bord du chaos, vérolée par la corruption, brutalisée par les narcotrafiquants et le grand banditisme, balafrée par les règlements de compte entre gangs rivaux. La cité phocéenne baigne dans un climat de violence et de peur permanente que la série rend palpable.
Malheureusement, le scénario ne tient pas tout à fait ses promesses. Complexe et parfois déséquilibré dans les nombreux sujets qu’il aborde, il a du mal à tenir le rythme. Alors que la tension devrait s’intensifier à l’approche du final, elle s’essouffle, paradoxalement. C’est vraiment dommage car les comédiens sont tous très convaincants, malgré quelques soucis d’articulation qui rendent certains dialogues inaudibles (un travail supplémentaire sur le son n’aurait pas été de trop).
Reste une mise en scène réaliste et très efficace, que certains plans empreints d’une poésie macabre élèvent par moments, une tension réelle et une intrigue principale malgré tout solide. Et la découverte d’un jeune comédien très prometteur, Mamadou Sidibé, une révélation.