Deep down mister Rabbit hole
Claque. C’est le meilleur mot pour décrire Utopia.
Mais il y en a d’autres : paranoïa, humour british, horreur insoutenable, violence, thriller, folie… la liste est longue.
Je pourrais parler des heures de cette série tant elle est dense, six petits épisodes de 50 minutes et de quoi alimenter nombre de thèses. L’idée ici reste cependant de ne pas trop en dire, d’éviter les spoilers au maximum pour ceux qui ne l’ont pas encore vu.
Cette série n’est pas banale, à un ami qui me demandait: « c’est quel genre ? », j’ai répondu : « c’est original ». Et ça l’est. 25 ans que je regarde des séries, jamais vu ça… enfin, presque. La seule série à laquelle j’ai pensé, rapidement, en regardant « Utopia », c’est «Twin Peaks ».
Dès les cinq premières minutes, j’ai été aspiré dans le mystère, la peur et l’envie de connaître la suite tout en flippant de passer à l’épisode 2, vu la claque du 1 que je venais de prendre en pleine face. Bon, je l’avoue, il était un peu tard, j’étais bien installé dans le noir, dans mon plumard et j’ai eu peur de faire des cauchemars… en plus il faisait un froid de canard (et là j’ai plus de rimes en ar).
Enfin, tout ça pour dire que je me suis demandé si il était raisonnable de passer à l’épisode 2 dans ces conditions…
Il s’est avéré que oui.
Pour revenir à une critique plus objective parlons de l’histoire. Utopia, c’est l’essence même du MacGuffin. Utopia est un MacGuffin. Et c’est tout ce que je dirais de l’histoire.
Les personnages sont fantastiquement interprétés, et particulièrement bien écrits. Bons ou mauvais, lâches ou courageux, sympathiques ou pas… chacun à sa raison d’être, défend son bout de gras, est motivé. J’apprécie énormément que l’on comprenne les motivations d’un personnage dans ce qu’il entreprend ou pas. C’est ce qui le rend crédible. Et là plus crédibles tu meures, même si le gars semble sorti de ton pire cauchemar (encore). Et un petit mot sur les enfants. Enfin des enfants qui savent jouer et qui ne sont pas énervants. Voilà.
L’image est somptueuse. Décors, couleurs, plans, flous… la technique est superbe, chaque traveling, chaque pano est parfaitement à sa place et parfaitement exécuté et le tout est toujours au service du récit, aucune plan n’est là pour être là, rien n’est tape à l’œil même si tout est très beau. On pourrait prendre n’importe quel image d’Utopia et l’encadrer à son mur tant c’est réussi. Moi, ça m’a scotché en tout cas.
Reste un élément primordial et magnifique. La bande son. Je ne parlerais pas de musique. Il y en a mais ce n’est pas le tout. Chaque son à son importance et parfois la bande son elle-même ressemble simplement à des bruits inidentifiables, comme expérimentaux. Peut-on l’appeler musique ? Oui et non. Oui parce que ça en est. Non parce que je trouve ça un tout petit peu réducteur. Alors bon, moi j’ai maté ça en HD avec un système 6.1 et ça claque (encore). Mais le son, comme l’image est au service du récit. Les émotions sont, pour une fois, la musique n’est pas là pour nous faire ressentir ceci cela mais vraiment pour transcender et accompagner ce que l’on ressent déjà. En ça, cette bande son parfois expérimental est d’un naturel déconcertant.
Pourquoi n’est-on pas capable de faire ça en France ?
Si vous n’avez pas vu Utopia, sautez dessus. Mais soyez prévenus, c’est très violent.
Encore !!!!