J’ai vu les deux premiers épisodes de la série diffusée sur Canal, je ne suis pas arrivé à aller plus loin (donc la note est uniquement là parce qu'elle est nécessaire pour poster la critique )
Ce qui est terrible, dans ce projet, c’est qu’il montre par l’exemple comment l’attitude rock finit par devenir, au delà d’un certain âge, une caricature d’elle même . On ne peut pourtant pas reprocher à quelqu’un comme Despentes de ne pas être foncièrement sincère.
Oui mais..
Au delà d’une certaine limite le ticket n’est plus valable et il ne reste de cette sincérité qu’une sorte de parodie de ce qu’est vraiment le rock.. Je ne sais pas si je m’exprime bien, mais cette série, pour moi, confirme que le rock est quelque chose qui est fondamentalement lié à la jeunesse. C’est un truc qui ne peux pas bien vieillir. Pour ressentir cette musique, la vivre, en parler avec justesse il faut habiter la jeunesse. Cela n’a rien à voir avec un état d’esprit, non, c’est une question purement physique, une connaissance qui ne s’acquiert qu’avec beaucoup d’inexpérience
On connait le rock tant qu’on ne connait rien d’autre, voilà le secret!
Quand Despentes fait « Baise moi » elle est jeune, inexpérimentée et c’est rock! On sent que l’auteur est en osmose avec son sujet. Inutile de le justifier on sait que c’est vrai, on le ressent dans notre bide. Quand elle fait, ou fait faire « subutex », on comprend qu’elle est déconnectée de son sujet. Elle parle, certes, d’une bande son, mais au delà c’est le vide… ou alors une suite de clichés ..Peut être,tout simplement,parce qu’au delà d’un certain âge il n’y a en effet plus rien d’autres que du vide pour parler du rock. Un vague écho d’une vieille mélodie..
quand on écrit davantage avec la mémoire qu’avec ses tripes, c’est le signe que quelque chose est cassé.
C’est surtout cela dont cette série est le symbole : Dans le rock plus qu’ailleurs la vieillesse est un naufrage.