Série de trois épisodes abordant le thème éminemment pertinent de la virilité et de la masculinité, Viril n’est malheureusement pas à la hauteur du sujet qu’elle prétend explorer.
Le visionnage s’avère pénible tant sur le fond que sur la forme. Le projet se veut contemporain, mais la majorité des extraits datent des années 1960, 1970 et 1980. Cet anachronisme dessert le propos : comment s’identifier à des représentations issues de la génération de nos grands-parents ? Il est d’autant plus regrettable que la série survole les sujets sans jamais les approfondir. Le traitement demeure superficiel, rapide et peu convaincant. Par exemple, aucune analyse de la culture populaire contemporaine, notamment du rap et de ses textes, n’est proposée, alors même qu’elle constitue un terrain majeur d’expression du culte de la violence du machisme. D’autres angles morts étonnent, comme la question de l’oppression des femmes dans certains contextes religieux notamment en islam.
La série développe par ailleurs une vision manichéenne et militante, reposant sur des amalgames discutables. La boxe, et plus largement le sport, y sont présentés comme des symboles quasi exclusifs d’une virilité agressive fondée sur le combat et la domination. Les activités compétitives sont ainsi décriées sans que soient réellement envisagées leurs dimensions éducatives, sociales ou émancipatrices. Les sportives apprécieront.
Les intervenants opposent également une « mauvaise » masculinité — associée au travail, au capital et au monde occidental — à une masculinité dite « réactive », présentée comme un mécanisme de défense face à l’oppression par les "racisés". Cette grille de lecture, largement idéologique, simplifie à l’extrême des réalités complexes et mériterait d’être interrogée plutôt que posée comme évidence.
Au final, Viril laisse l’impression d’un message politique sous-jacent en décalage avec la diversité des expériences masculines contemporaines en France et en Europe. Le thème, pourtant riche et nécessaire, demeure insuffisamment exploré et aurait gagné à être traité avec davantage de rigueur, de pluralisme et de profondeur.