Wangan Midnight par Ninesisters
Des voitures en 3D conduites par des personnages au chara design moche, avec de l'eurobeat par derrière ; c'est Avex qui produit la musique. Je sais ce que vous pensez, et j'ai pensé la même chose : cela ressemble à du Initial D. D'ailleurs, le réalisateur a aussi travaillé sur les OAV Battle Stage et Fourth Stage. Mais les points communs s'arrêtent là ; il ne fait aucun doute que Wangan Midnight a été produit pour profiter du succès de Initial D, mais il ne s'agit pas d'une copie dans la mesure où le manga de Wangan Midnight est plus ancien que celui de Initial D, et surtout les deux séries possèdent finalement peu de similitudes.
WM se passe sur l'autoroute, ce qui change énormément les spécificités des courses. Surtout, les courses ne représentent qu'un aspect de la série. Ce qui compte le plus, finalement, c'est avant tout le côté tuning, le temps que les personnages passent sur les machines pour les améliorer, les booster, etc... Les faire courir ne passe qu'après (même si cela reste la finalité pour la majorité des personnages), mais cela n'empêche heureusement pas les phases de courses d'être extrêmement soignées, superbement réalisées, avec des impressions de vitesse rarement atteintes dans un anime. Mais pour une série de course, il y a aussi énormément de paroles, les tuners et les coureurs passant énormément de temps à réfléchir aux façons de créer les meilleurs voitures imaginables, mais aussi à s'interroger sur leur propre vie.
Une des particularités de WM, c'est le drame humain qui se joue devant le spectateur. Toute la question est de savoir jusqu'où les coureurs veulent aller, et surtout ce qu'ils sont prêt à sacrifier pour y parvenir. Le trio de personnages principaux – Akio et sa Z, Shima et sa BlackBird, Reina et sa R32 – agissent presque comme des médiateurs entre leurs adversaires et leurs véritables sentiments. Cette quête absolue de vitesse n'est-elle pas veine ? N'est-elle pas juste un moyen de fuir la réalité ? Ceux qui abandonnent, ce sont ceux qui ne sont pas prêt à tout perdre juste pour ces rêves éphémères. Pour beaucoup, le retour à la réalité est brutal.
Je suis étonné, car cette série semble être passée totalement inaperçue. C'est dommage, car il s'en dégage vraiment quelque chose de particulier. Entre ses courses, ses discours techniques, et les dilemmes de ses personnages, j'aurais presque envie de dire qu'elle est poétique, touchante même. En tout cas, c'est un véritable plaisir à regarder, à la fois pour la qualité d'écriture de ses scénarios et pour ses affrontements spectaculaires.